
niques, et dont nous parlerons dans peu. Leur
eau , en se mêlant-avec les cendres et les sables t
aura formé des courants plus ou moins chargés de
terre, qui seront descendus sur les flancs de lamon-
tagne, se seront répandus à son pied, et l’on aura
présumé qu’ils avaient été vomis parle volcan.
Cependant, on trouve quelques récits assez
positifs qui semblent indiquer qu’effectivement
il est sorti de pareils torrents des bouches volcaniques.
En 1751 , par exemple , les magistrats du
pays, dressant un procès verbal d’une éruption de
l ’Etna , disent qu’il en sortit un grand courant
d’eau brûlante et salée , qui coula pendant un
demi-quart d’heure : il était si considérable qu’ils
lui donnèrent le nom de Nilo d'aqua (1). Dolo-
mieu et Hamilton ont observé, sur les flancs de
la même montagne , les traces d’un épouvantable
courant d ’eau chaude qui sortit du grand cratère:
ce sont les propres expressions de la traduction
française des Campiphlegroei (p. 4g)- Spal-
lanzani, cet excellent observateur et appréciateur
des phénomènes volcaniques, est porté
à croire qu’une partie de tufs de l’Italie méridionale
doivent leur origine à des éruptions
boueuses.
Les volcans de l’Islande , de l’Amérique , etc. ,
dont la cime s’élève au-dessus de la région des
v o l c a n s :
neiges inférieures, répandent souvent au tour
d’eux des torrents qui inondent le pays et qui
y font des ravages extraordinaires : les historiens
les ont souvent donnés comme vomis par
les cratères ; mais , presque toujours , ils doivent
leur origine aux grands amas de neiges qui cou
vrent les cimes volcaniques , et qui sont fondus
brusquement par la forte chaleur que répand
le volcan en reprenant son activité. Bouguer et la
Condamine ont vu ces terribles torrents raviner
tout un pays ; et le dernier de ces savants rapporte
que six heures après une explosion du
Cotopaxi, un village situé à trente lieues de distance
en ligne droite, et peut-être à soixante, en
suivant les sinuosités du terrain, fut entièrement
emporté (1).
Souvent aussi les eaux filtrent dans la montagne
, elles s’y rassemblent dans des réservoirs
particuliers; e t , à l’époque des explosions , ou
lorsque la montagne vient à se fendre par suite
de quelque secousse , elles sortent et couvrent
les contrées voisines. Dans le tremblement de
terre qui renversa Lima en 1746, quatre volcans
s’ouvrirent à Lucanas et dans la montagne de la
Conception , et ils occasionèrent une affreuse
inondation (a).
Les volcans du royaume de Quito présentent
(1) Voyage à Véquateur.
(2) Antonio Ulloa , Voyage en Amérique.