
seur à sa base, et vingt à vingt-quatre pouces
dans sa partie supérieure (i). Les eaux chargées
de carbonate , que Ton conduit dans des tuyaux,
finiraient par les obstruer de leurs dépôts , si
l ’on n’avait le soin de les enlever de tems à autre :
dans une mine d’Angleterre , un conduit, ayant
environ huit pouces de large sur quatre de hauteur
, fut bouché et rempli d’une sorte de marbre
en moins de trois ans (2).
Si des eaux, ainsi chargées de carbonate calcaire
, se répandent sur un terrain plat, elles
pourront y former une couche de pierre , qui
sera quelquefois propre à nos constructions :
tel est le travertino des environs de Rome. Si ce
terrain était couvert de plantes, d’herbes , etc.,
le sédiment envelopperait ces substances ; et si
elles venaient ensuite à se décomposer et à se
détruire , la masse pierreuse serait poreuse et
comme cariée ; ce serait un tuf calcaire. IS ous
parlerons, dans la suite de cet ouvrage , de ces
deux sortes de forma lions.
Les plantes et les figures d’animaux que l’on
plonge dans des sources contenant beaucoup dé
carbonate , y sont bientôt recouvertes d’une incrustation
qui leur donne l’aspect d’une plante
ou d’un animal pétrifié. On a tiré partie de cette
(l) Mémoires de P Académie , 1754.
(a) Journal de physique, tom. iL
ACTION DE L ’EAU SUR LA SURF. DU GLOBE. l 5 5
propriété dans quelques lieux , principalement
aux bains de Saint-Philippe en Toscane ; on y
expose à l’action des eaux des moules de médailles,
de bas reliefs, de vases, de statues, et au bout
de quelques mois , ils sont remplis de 1 albatre
calcaire le plus beau et la plus blanc (i).
Je citerai, comme un dernier exemple des
concrétions calcaires, les pisolithes ou dragées de
Tivoli, qui se forment naturellement dans les eaux
de ces bains et de plusieurs autres endroits. Ces
pisolithes sont, comme l’on sait, des masses formées
de l’assemblage de petites boules de chaux
carbonatée , à couches concentriques , ayant à
leur centre un grain de sable ou un autre corps
étranger. Werner, témoin de leur formation aux
eaux de Carlsbad , en Bohême , rapporte que le
bouillonnement de la source fait jouer, dans
l ’eau, les grains de sable; durant ce mouvement,
ils se revêtent successivement de différentes
couches calcaires, jusqu’à ce que , devenus trop
pesants, ils restent au fond, s’agglutinent et forment
des masses.
2° Le gypse , ou sulfate de chaux , est encore
une des substances que, nous voyons se former
journellement sous nos yeux. Dans les tas de
gangues et de minerais pauvres que l ’on jette
près de l’entrée des mines, j’ai souvent vu de
(i) Journal de physique, tom. 7.