
Action Je
l ’eau par
son poids.
Eboulements.
les mers des Etats-Unis d’Amérique, la profondeur
est plus grande sous le grand courant, le
Gulf-Stream ( i ) , lequel se serait ainsi creusé
un lit dans l ’Océan, en écartant les sables et
les vases , et peut-être même en corrodant les
rochers qui sont au-dessous.
Lorsque, par un concours de circonstances,
l’action de ces courants viendra à augmenter et à
se joindre à celle des flots, ils finiront quelquefois
par renverser les obstacles qui leur étaient opposés.
C’est très-vraisemblablement de cette manière
qu’ont été produits un grand nombre de détroits.
Buffon remarque à ce sujet que la plupart de
ceux de la zone équatoriale sont dirigés de l’est à
l ’ouest comme le grand courant équinoxial, et
qu’il est très-probable que ce courant a concouru
à la formation d’un grand nombre d’entre eux. Il
aura peut-être aussi concouru indirectement à
l ’ouverture de celui de Bahama , par laquelle il
sort du golfe du Mexique ; et peut-être encore,
par un effet analogue \ il aura contribué à la formation
du golfe même.
§ 4^- L’eau peut encore concourir par son
poids à la dégradation de la surface du globe.
Elle s’imbibe quelquefois dans de grandes masses,
les rend plus pesantes, et concourt de cette manière
à leur affaissement ou à leur croulement.
(i) Humboldt, Relation historique des voyages , tom. I , p. 76.
ACTION DE L ’EAU SUR LA SURF. DU GLOBE. l 3g
On a remarqué que les éboulements dans les montagnes
étaient plus fréquents dans les années humides
; c’est ainsi quen i 8o5 , à la fin d un été
et d’un jour très-pluvieux, nous avons vu s écrouler
une portion considérable du Buffiberg % en
Suisse. Cette montagne, élevée de i i 5o mètres au-
dessus de la vallée , est formée de couches de
grès ou de poudingue ( nagelfluhe ) a ciment
marneux et parallèles a la pente : le 2 septembre
il s’en détacha une bande ayant près de 4000 mètres
de long, 4° ° de large, et 3o d’epaisseur ; ta
glissant sur les couches inférieures, ramollies encore
par l ’eaü , elle se précipita dans la vallee ,
ensevelit sous ses débris plusieurs villages , coûta
la vie à cinq cents personnes , et eleva au fond
de la Vallée des collines de plus de 60 mètres dé
haut (1).
La Suisse et ên général tous les pays de montagnes
ne sont que trop souvent témoins de pareilles
catastrophes, produites par 1 augmentation
du poids des masses qui s’imbibent d’eau, favorisée
par le délayemeiit et l ’entramement des couches
terreuses $ marneuses ou gypseuses sur les quelles
reposaient ces masses. En 1618, par suite
de Ces causes, une énorme portion des rocheis
(1) Voyez une description aussi exacte que bien vaisonnee de ce
malheureux événement, faite par M. de Saussure fils, dans la
Bibliôthèque britannique, tom, XXXII.