
dans les vallées élevées , la force d’emporter les
produits de la décomposition. En plusieurs endroits,
on les voit couler sur le roc vif ; et cependant
on ne peut douter que les pluies et les
averses q u i tombent sur les terrains adjacents, ne
leur apportent continuellement une grande quantité
de pierres , de sable , de terre et de limon.
Celles de ces substances que le torrent n’entraîne
point, ou plutôt celles qui ne tombent
pas dans son lit, s’amoncèlent au bas des parois
de la vallée, et s’y disposent naturellement en talus.
Par l’effet de ce revêtement, la partie inférieure
des parois est préservée , tant des effets
de la décomposition , que de l ’action des causes
qui produisent les éboulements ; de sorte que,
toutes choses égales d’ailleurs, la vallée doit bien
plus s’élargir dans le haut que dans le bas.
Qu’on ne nous dise plus qu’en attribuant à
des fdets d’eau l ’excavation de vallées qui ont
quelquefois plus de cent lieues de long, une lieue
de large et près de mille mètres de profondeur,
nous admettons une cause qui n’est en aucun
rapport avec l ’effet produit. Des fdets d’eau ne
sont pas le seul agent ; et la cause que nous reconnaissons
, est celle qui a baissé tout le sol
d’une partie de la basse Allemagne , à quelques
centaines de mètres au-dessous de la sommité du
Mont-Meisner , qui a baissé le faîte des grandes
Alpes de plus de mille mètres au-dessous de la
cime du Mont-Cervin, etc. Quelque petit que paraisse
d’abord un effet ; étant répété une infinité
de fois, il devient infiniment grand.
§ 90. La disposition des vallées, leur direction,
leur forme, la stratification des montagnes qui les
bordent, sont encore des indices de l ’origine que
nous leur attribuons.
Il n’y a pas de personne qui n’ait remarqué la
manière dont les eaux, principalement après une
pluie d’orage , ont sillonné et raviné les tertres
et les terres présentant un talus considérable.
Dans la disposition de ces petits ravins , par rapport
au plan de pente sur lequel ils se trouvent,
dans leurs sinuosités et dans les déviations de leur
direction , dans leurs ramifications et embranchements
, dans la forme des massifs de terre interposés
entre eux, etc., il aura l’image la plus fidèle
des faits du même genre que présentent les vallées
et les montagnes. En examinant, dans nos cabinets
, les modèles en relief des chaînes , on croit
voir quelques-uns de ces tertres ainsi ravinés : la
parfaite identité dans la découpure porte naturellement
à admettre ici l’identité dans la cause.
A l ’aspect de cette singulière disposition et ramification
des vallées, on ne peut s’empêcher de
reconnaître, avec M. Playfair, que ce sont les
coups souvent répétés du même instrument qui
ont gravé si profondément ces traits sur la surface
du globe; et cet instrument est sur-tout la force
La disposition
et la
structure
des v a l l é e s
d é c è l e D t
leur origine.