
de gneis, de quartz , de feldspath, de diabase , de siénite, et
peut-être même de vrai granité. Des montagnes , ainsi composées
, renferment souvent de riches fdons métalliques, en Bretagne,
par exemple. Enfin, on voit en Norwége, sur des calcaires
coquilliers et sur des grès, la plus belle et la plus cristalline
des roches granitiques , la siénite zirconnienne, et elle y est ac'
compagnée de granité ordinaire: ce fait a été constaté par deux
des plus habiles minéralogistes , MM. de Buch et Hausmann ,
lesquels regardent ces deux roches comme appartenant aux terrains
intermédiaires.
Nous voilà déjà, sans quitter nos grès et poudingues, nos calcaires
coquilliers et nos schistes à impressions, au milieu des
schistes-micacés, des gneis, des feldspaths, des siénites. des granités
, e tc ., en un mot, nous voilà presque au milieu des terrains
primitifs. Ceux-ci ne seront plus que le prolongement des
autres : seulement il n’y aura plus , dans ce prolongement, de
débris d’êtres organiques., il y aura à peine quelques fragments
de roche , et la structure y sera, en général, plus cristalline ;
car, d’ailleurs , il y a continuité parfaite ( §§ et i44) : dans
la nombreuse série des formations minérales, on ne saurait
prendre une roche qui ne se retrouve, elle ou une de celles qui
la précèdent, dans les formations postérieures. Dans cet enchaînement
intime, il est impossible de trouver une séparation réelle :
le mode de formation des couches minérales a été modifié de
proche en proche, et avec de fréquents mouvements oscillatoires
( § i4-° ) ; niais nulle part il n’a été brusquement changé.
Nous avons vu les couches calcaires former une suite non
interrompue , depuis les premiers jusqu'aux derniers tems des
formations minérales (§ i 4-5). Dans les dernières époques, nous
les trouvons remplies de coquilles : à mesure qu’on remonte suivant
l’ordre des âges, il y en a de moins en moins , et finalement
il n’y en a plus. Où s’arrêter, pour couper la suite, et
pour dire : Ce qui est avant a été formé par l’eau, et ce qui est
après, l’a été par le feu P il est évident que le mode de formation
est le même pour tous les termes de la serie. Non—seulement
le calcaire alterne avec les autres roches primitives, mais
encore il se mêle et s’enlace avec elles : le. marbre vert de cam-
pan n’est qu’un mélange de calcaire et de schiste-talqueux; le
beau verde antico n’est qu un melange de calcaiie et de serpentine
; le pic du Midi de Tarbes n’est qu’une masse de calcaire
et de schiste-micacé comme pétris l’un avec l’autre : i c i ,
le schiste-talqueux, la serpentine, le schiste-micacé et le calcaire
ont incontestablement un seul et même mode de formation.
Les terrains primitifs ne renferment pas une roche que nous
n’avons retrouvée dans les terrains secondaires : nous y avons
vu les schistes et même le granité : nous y retrouvons les substances
métalliques , meme dans ceux formes le plus évidemment
au sein des mers : à Tarnowits en Silésie, nous avons une
couche de plomb sulfuré au milieu d’un calcaire coquillier ; dans
le Mansfeld, ou exploite une couche cuivreuse qui n’a qu’un
ou deux pieds d’épaisseur, il est vra i, mais qui s’étend sur plus
de mille lieues carrées, qui présente une multitude d’empreintes
de poissons, qui repose sur un poudingue (le Todt-liegendes ),
et qui est recouverte par une assise calcaire,pleine, dans quelq
u e s endroits, de gryphites armés de leurs aiguillons. Si aujourd’hui
les mers ne forment plus ni feldspath, ni plomb , ni cuivre
c’est quelles ne contiennent plus les éléments de ces
corps , et qu’elles les ont déjà déposés depuis long-tems : elles
ont changé de nature ( § x38) , et par un changement progressif,
elles sont venues à un point qui nous laisse concevoir
comment elles ont pu produire nos dernières couches.
Quoique la stratification des terrains primitifs, ne présentant
pas une suite de couches horizontales bien distinctes, ne prouve
pas aussi évidemment que dansles derniers terrains secondaires
une formation par dépôts successifs, elle n’en ramené pas moins
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