
bre de ces coupures sont en quelque sorte accidentelles
et postérieures à la formation des montagnes
; elles les partagent au milieu de leur
cours, et n’en sont pas ainsi les extrémités les plus
naturelles : aussi Saussure observe-t-il que le
Mont-Vouache, situé sur la gauche du Rhône, n’est
en réalité qu’une suite du Jura, situé sur la droite.
Quelquefois encore on met parmi les caractères
qui distinguent une chaîne d’une autre , le
changement total et permanent dans la direction
du faite. Les Alpes françaises , du Mont-Blanc à
la Méditerranée, sont distinguées des Alpes du Valais
par un pareil changement de direction ,
quoiqu’elles forment d’ailleurs une masse continue
; mais, les premières se dirigent du nord
au sud, et les secondes de l ’ouest à l’e st, ou
plutôt de l’ouest-sud-ouest à l ’est-nord-est.
Je le répète, la nécessité de distinguer par des
noms différents, et de considérer séparément les
montagnes des différents pays, nous a contraints
de prendre des limites ; et on a cherché à les
prendre , autant que possible , dans la nature.
Direction § 29. Quelques géographes ont cru remarquer
<1 enchaînes, que les grandes chaînes affectent plus particulièrement
une direction parallèle à l’équateur ;
d’autres au contraire ont pensé qu’elles étaient
plus souvent dirigées dans le sens des méridiens.
Buffon, conciliant les deux opinions, admettait que
la direction des montagnes est du nord au sud
DES MONTAGNES,
dans le nouveau continent, et de l’est a l’ouest
dans l ’ancien.
Mais il me semble que cette direction présente
un fait plus direct et plus positif , indépendant
de toute considération des méridiens et des parallèles.
C'est au en général la direction de schaînes
est dans le sens de la plus grande dimension des
îles, presqu ’îles ou continents qui les renferment.
Ce fait, je puis dire ce principe , me paraît fondé
dans la nature même des choses. En effet, a partir
des bords de la mer, le sol des masses de terre
s’élève graduellement en avançant vers l ’intérieur :
par suite de ce fa it , si la masse est allongée , on
aura deux grands plans de pente qui se réuniront
par leur partie supérieure en une ligne on faite
dirigé dans le sens de la plus grande longueur.
L’élévation du so l, il est vrai, pourra être d’un
des deux côtés, en tout ou en partie, plus grande
que de l’autre ; il en résultera alors qu’un versant
sera plus incliné que l’autre ; et que le faîte présentera
des inflexions et des sinuosités ; mais il
sera toujours, dans son ensemble, parallèle à
la longueur de l ’île ; et il sera , toutes choses
égales d’ailleurs , d’autant plus long, que la longueur
de l ’île sera plus grande par rapport à sa
largeur. Si les deux dimensions étaient égales, et
par conséquent si l’île approchait de la forme
circulaire , la masse du terrain présenterait une
figure conique plus ou moins tronquée , et le faîte