
plus abrupte , tourné vers le lac. Celles qui bordent
les lacs de Constance, de Lucerne , le lac
Majeur, présenlcnlle même fait. On le voit encore
répété par les chaînes qui ceignent la Méditerranée
: les montagnes de l'Espagne, les Pyrénées,
les Cevennes , les Alpes, les montagnes de la
Grèce , de F Asie mineure , de la Syrie , et enfin
l ’Atlas, ont une pente beaucoup plus rapide vers
cette mer que dans le sens opposé (1). J ai retrouvé
encore cette même circonstance autour de plusieurs
grands bassins entourés de montagnes ; la-
Bohême , qui n’est qu’un pareil bassin de forme
presque circulaire, en fournit un exemple : la
très-large vallée , ou bassin , qui renferme l ’Alsace
y le Brisgaw et le pays de Bade, en offre
un semblable, les Vosges et la Forêt-Noire ont
leur escarpement tourné vers son intérieur. Le
même fait pourrait encore être étendu aux
vallées ordinaires, mais alors son explication
serait toute naturelle ; tandis que je me garderais
bien d indiquer la même cause pour expliquer
lescarpement des bords qui entourent
les grands bassins, tels que la Bohême et la mer
Méditerranée.
M. Malte-Brun ajouterait peut-être ici la grande mer des
(1) M. Ramond avait d jà remarqué cette plus grande inclinaison
des pentes vers la Mditerrauée. Voyez ses Observations
dans les P y rén ées, cliap. XYI.
Indes. Il fait au sujet des terres qui la bordent une remarque qui
mérite d’être rapportée : c’est certainement celle qui a été laite
sur une plus grande étendue de terrain, relativement à la direction
des escarpements. Ce géographe se place au midi de la
terre de Diémen ; de là, il porte ses regards sur la suite de
chaînes ou de terrains qui bordent la mer du Sud, depuis
le cap de Bonne-Espérance jusqu’au cap Horn, en longeant
la côte orientale de l’Afrique| la côte méridionale de l’Asie ,
et la côte occidentale del’Amérique, et par-tout il voit l’escarpement
des montagnes et des terrains tourné vers cette mer,
tandis que la pente est douce et allongée vers l’intérieur des
terres (1).
§ 2^. Les rameaux n’étant, en quelque sorte ,
que de petites chaînes, tout ce que nous avons dit
sur les chaînes proprement dites, peut leur etre
appliqué ; en conséquence, nous nous bornerons
aux considérations suivantes.
La crête des rameaux,prise dans son ensemble,
baisse depuis-le faîte delà chaîne jusqu'à son pied ;
mais cet abaissement est loin d’être uniforme :
habituellement la crête se maintient long-teins à
une grande hauteur , et ce n’est qu’à une distance
plus ou moins considérable du faîte qu’elle baisse
rapidement ; cette plus grande rapidité vers
l’extrémité inférieure du rameau produit une brisure
que l’on peut comparer à celle d un toit à la
mansarde ; elle est quelquefois si forte, que le rameau
en arrivant dans la plaine y présente une
(i) Précis de Géographie, tom a , p • 284.
Des
rameaux.