
Bassins et
lacs dans
les montagnes.
pourrait n’ètre qu’un point. Ce fait se voit effectivement
dans quelques petites îles de peu d’étendue
, et qui ne forment en quelque sorte qu’une
montagne isolée au milieu des mers.
Mais le fait général, que la direction des chaînes
est parallèle à celle de la masse de terrain qui les
renferme, se voit continuellement à la surface de
la terre ferme : c’est ainsi que dans la presqu’île
italienne , le faîte des Apennins est tout-à-fait parallèle
aux côtes de la mer ; que dans la contrée allongée
formant le solde la Scandinavie, les chaînes
du Dovre-Field elLang-Field, qui longent tou te la
contrée , ont la même direction qu’elle : les Cordillères
des Andes présentent d’une manière remarquable,
le même parallélisme entre leur faîte
etlalongueur dunouveau continent. Dansl’ancien,
en faisant abstraction de l’Afrique , le système
général des montagnes, c’est-à-dire la grande
bande élevée dont nous avons parlé, a une même
direction que le continent ; et les chaînes qui lui
sont perpendiculaires ou obliques , peuvent être
regardées comme d’énormes rameaux ou bras
qu’elle pousse à droite et à gauche.
§ 3o. Avant de quitter les montagnes , nous
devons faire une mention particulière des bassins
qu’on y voit si souvent et dont nous avons déjà
dit quelques mots , page 84- Plusieurs sont remplis
d’eau , et forment des lacs dont le trop-plein
s’échappe par des issues ou coupures fort étroites;
et un grand nombre de ceux qui sont aujourd’hui
à sec paraissent avoir été remplis dans des tems
reculés.
C’est principalement au pied des chaînes et vers
leur faîte , c’est-à-dire à l’extrémité la plus élevée
des vallées, tout près des cols, que se trouvent ces
bassins et ces lacs.
Cette dernière situation est aussi fréquente que
remarquable. Sur les Alpes, les trois grands passages
de France en Italie, le Mont-Cenis , le petit
Saint-Bernard et le grand Saint-Bernard, présentent
, presqu’à leur point culminant, des lacs
qui, placés à cette hauteur, ne manquent jamais
de fixer l’attention du voyageur : le premier a
plus d’une demi-lieue de longueur , et le dernier
présente un contour de trois a quatre mille
mètres; quant à sa profondeur elle est inconnue.
Il y en a plusieurs autres dans ces mêmes montagnes
à une hauteur égale. Les bassins non remplis
d’eau sont également très - nombreux sur
les Alpes : je ne citerai que celui qui m’a le plus
frappé, et qui est en même tems le plus considérable
de ceux que j’ai observés à de grandes hauteurs
; il est dans le pays d’Aost, à f extrémité supérieure
du T^al-Savaranche, presque sur la crete
des montagnes , à 24°° mètres d’élévation. C’est
une petite plaine parfaitement unie , de forme
ovale, ayant deux à trois mille mètres de long et
mille de large, ceinte par des hauteurs peu consi