
Des vallées.
presque toujours une dépendance de celle des crêtes , elle
forme tout le squelette du terrain, elle en est le plan géométrique
; tout ce qui reste à faire ne consiste plus qu’ en des détails
qu’on peut abandonner à un dessin exécuté par approximation.
C’est encore le nivellement de ces mêmes crêtes et faîtes,
avec celui des thalwegs, qui doit former ou servir à former tous
les profils et toutes les coupes de ce même terrain.
§ 24- Ues vallées principales d’une chaîne ,
ainsi que nous l’avons observé , sont celles qui
prennent naissance vers le faîte et qui descendent
à-peu-près perpendiculairement à sa direction ,
jusqu’au pied : elles sont placées en travers de la
chaîne , et sont nommées en conséquence vallées
transversales par quelques auteurs (i). Elles reçoivent
de droite et de gauche , et presque perpendiculairement
à leur direction, ou, plus exactement
, sous un angle en général peu aigu (2) ,
(1) Saussure donnait, par opposition , le nom de vallées longitudinales
à de grandes vallées parallèles à la chaîne ; il citait pour
exemple la vallée du Rhône au-dessus du lac de Genève. Mais
Saussure parlait des Alpes, qui ne sont pas une chaîne telle que
nous la décrivons ic i , mais bien une grande masse de montagnes
composée déchaînons ou déchaînés particulières.
(2) Si les surfaces sur lesquelles coulent les eaux étaient planes,
et que l’écoulement se fît sur la ligne de plus grande pente ,
l’angle à la jonction de deux courants, toujours aigu, et ayant son
sommet tourné vers le bas de la vallée, aurait pour expression,
^C oss. x sin. a. — >s--m--. -b
x étant l’angle à la jonction , a l’inclinaison de la vallée principale,
et b l’inclinaison du courant affluent, b est toujours plus grand
. que a.
les vallées du second ordre , ainsi que les gorges
comprises entre les contre-forts des rameaux voisins
; ces dernières vallées reçoivent à leur tour
les gorges ou vallées du troisième ordre , placées
entre les contre-forts du second ordre , ou rameaux
du troisième. De plus la vallée principale ,
vers son extrémité supérieure , se divise et sou-
divise successivement en un plus ou moins grand
nombre de vallons , gorges et ravins qui finalement
se perdent dans des plis de terrain, lesquels
vont mourir à une plus ou moins grande distance
du faîte. Les vallées des ordres inférieurs présentent
des faits semblables dans leur extrémité ; de
sorte qu’une grande vallée peut être comparée à
la tige de certains arbres dont les branches représenteraient
les vallées d’ordres inférieurs, et dont
les petites ramifications qui sont à l’extrémité des
tiges et des branches , offriraient une image des
divisions et sous-divisions que nous avons vu exister
à la naissance des vallées. Un coup-d’oeil jeté
sur la carte topographique d’une chaîne donnera
la juste idée qu’on doit se faire de cette disposition.
Le fond d’une vallée, c’est-à-dire son thalweg,
s’élève à mesure qu’on approche du faîte ; mais
cette élévation est bien loin d’être uniformément
graduelle. Presque toujoursrinclinaison est faible
et assez uniforme jusque vers les ramifications
qui sont à l ’extrémité supérieure ; mais là elle