
chette, ma boussole et mon théodolite. Dès ee moment,
notre travail prit une grande activité : chaque
matin, avant le lever du soleil, nous partions en grand
équipage pour parcourir les campagnes environnantes,
ou mes amis, pleins de zèle et d’ardeur, faisaient de
longues excursions. Dirigées avec autant de sagacité
que de persévérance et de talent, les recherches de
M. Dillon enrichissaient son herbier d’espèces souvent
inconnues jusqu’alors, et dont le Muséum de Paris a
apprécié l’importance. M. Petit se consacrait avec le
même dévouement à la partie zoologique. Pour moi,
je commençai le travail de la carte ; je dressai d’abord
le plan d’Adoua, et je déterminai astronomiquement la
position géographique de cette ville et des lieux environnants.
Durant notre séjour, M. Sapeto, le missionnaire,
et M. Schimper, botaniste allemand, qui nous
avait précédé dans le pays, nous tinrent une compagnie
aussi instructive qu’agréable, et nous aidèrentde
toute leur bienveillance et de toute leur expérience du
pays. C’est un témoignage public de reconnaissance
qu’il m’est doux de leur donner ici, et que je les prie
d’accepter.
Dans les premiers jours de juillet commença la saison
des pluies. Depuis cette époque, l’eau tombe
régulièrement tous les jours à partir d’une à deux
heures de Tapçès-midi ; mais il est assez rare qu’elle
commence le matin. Mes compagnons employèrent le
temps de cette retraite forcée à classer leur collection.
Pour moi, je m’abouchai avec plusieurs savants
du pays, et j ’en tirai une suite de renseignements
qui m’ont permis de donner au lecteur le récit suivant
de la vie d’Oubié, récit que l’on peut regarder
comme parfaitement exact.