
avantages purement commerciaux du projet d’alliance
avec Oubié 1, les motifs qui me semblaient ressortir
dé la situation du moment, et entre autres celui
d’avoir un point de station dans la mer Rouge pour le
transit de Bourbon à Suez par bâtiments à vapeur, établissement
qui se serait relié à celui de Tedjoura
que M. Combes avait eu mission d’acheter au nom
de la compagnie nanto-bordelaise.
J’attendis une réponse ; mais la session se passa
sans qu’il m’en vînt une définitive. Au mois de septembre,
je reçus, avec les instructions du ministre de
la marine, l’ordre de ramener les ambassadeurs chez
eux. Sa Majesté le roi nous accorda une audience de
congé, et donna aux envoyés, en retour des présents
d’Oubié, un fusil et un sabre pour ce chef, ainsi qu’un
sabre à chacun d’eux. Il chargea en outre le ministre
de la guerre de disposer quelques autres cadeaux : celui
ci m’accorda un obusier de montagne, douze fusils
, douze pistolets, plusieurs pièces d’artifice ; et,
pour pouvoir mettre ces instruments en oeuvre , il
accorda à un maréchal des logis d’artillerie, nommé
Schaffner, la permission de m’accompagner.
Aussitôt que mon prochain départ fut connu, plusieurs
personnes vinrent" me demander à partir avec
moi. Parmi ces personnes, il en était une avec qui
j ’avais eu , pendant mon séjour, des relations assez
intimes : c’était M. Vignaud, élève de l’école des mines
de Saint-Étienne. Il me fit la proposition d’aider
* Voyez à la fin de la Relation historique le rapport commercial.
M. Dillon pour les travaux de dessin et de m’aider
moi-même pour la géologie. Ce jeune homme, qui
avait l’esprit agréable, me fit l’effet d’ailleurs d’être
laborieux, et je n’eus aucune peine à accepter sa
proposition.
Je quittai Paris le 28 septembre : dès le 25, j’avais
fait partir les ambassadeurs avec le maréchal des logis
Schaffner. Je pris le courrier, et j ’arrivai à Marseille
le 1er octobre, quelques heures après eux. J’arrêtai
des places sur le paquebot qui devait partir le \ 1 ;
et, dans l’intervalle, je laissai encore une fois le soin
de mon monde à Schaffner pour aller, en compagnie
de Guébra Mariam , recevoir à Toulon les objets d’artillerie
qui m’avaient été accordés par le ministre de
la guerre.
A mon départ d’Abyssinie, j ’étais convenu avec
mes collègues qu’ils m’écriraient pour me tenir au
courant des événements qui se seraient passés en mon
absence. Je reçus d’eux, en effet, plusieurs lettres
dont je vais donner le résumé dans le chapitre suivant.