
satisfaire les goûts dramatiques des Abyssins. Quelques
uns excellent à se grimer : ils réussissent à
changer l’expression de leur visage, et en quelque
sorte sa forme, jusqu’au point de ressembler
complètement au personnage qu’ils veulent représenter.
Toutes ces scènes sont improvisées et
traitent le coté ridicule de chacun. Il en résulte
toujours une moralité que le talent de l’auteur doit
faire ressortir.
Tel est le seul vestige de théâtre qu’on trouve
en Abyssinie.
On ne doit'pas s attendre a y trouver le moindre
développement scientifique. Quelques indices à
cet égard se perpétuent à l’état dé tradition. La
médecine est encore la science la plus avancée :
les Abyssins réussissent à guérir plusieurs maladies
au moyen de certaines plantes médicinales ;
ils ne manquent pas d’adresse en chirurgie; ils
rapprochent les blessures par un point de suture
et remettent un membre cassé avec assez d’habileté.
Leur appareil, dans ce dernier cas, est à
peu près le même que le nôtre. Le moxa joue un
grand rôle dans leur thérapeutique; ils saignent
à la manière des Arabes, au moyen des ventouses.
Avec tout cela, ils n ’ont aucune notion exacte
d’anatomie ni de physiologie.
H est toutefois un fait assez curieux que nous
devons noter ici. Les Abyssins ont un mot propre
pour désigner la syphilis, et qui date d’une époque
bien antérieure à celle où l’on croit généralement
que ce niai fut apporté d’Amérique en Europe.
Us n ’ont pour ainsi dire aucune notion mathématique.
Toute leur arithmétique est bornée à un
système de numération parlée et écrite, ils font de
tête les simples calculs dont ils ont besoin. En
astronomie, ils ont quelques vagues notions des
éclipses, et la tradition leur a appris à ne pas s’en
effrayer. Us supposent la terre carrée, fixe, et les
astres tournant autour d’elle. Les principales
étoiles ont reçu d’eux des noms particuliers. Leur
jour est divisé en douze parties qu’ils mesurent
par 1 ombre du soleil. Ils divisent aussi l’année
en quatre saisons et en douze mois de trente jours,
plus un mois supplémentaire de cinq ou six jours,
suivant que l’année est bissextile ou non.
Enfin, pour toute physique, ils divisent le
monde en quatre éléments : l’air, lé feu , l’eau et
la terre.
Ils connaissent bien leur propre pays, mais
11 Rendent pas leur géographie au delà des contrées
circonvoisines.
Quant aux notions historiques, à la tradition et
aux annales conservées chez eux, nous aurons
1 occasion d’en parler plus tard.
Nous avons cité tout ce qu’il y a de général
dans les moeurs de TAbyssinie. Pour compléter ce