
je courusse impunément dans un pays aussi difficilë
que le Semiène, on m’interdit tout doucement de
voyager dans les environs. Cette situation n’était pas
tenab'e, et je fis tous mes préparatifs de départ, ayant
une excuse plausible dans le désir de savoir des nouvelles
de M. Petit.
Nous quittâmes enfin Maye Talô le 23 avril. Nous
passâmes la nuit à Choumaroa. A la descente de cette
montagne, nous recueillîmes quelques échantillons
d’argile verte, disposée en amandes dans une gangue de
grès rouge décomposé.
Nous suivions la même route qu’en venant. Nous
couchâmes le 25 a Tchélatchekané, chez M. Schimper.
Le 26, nous traversâmes le pays de Zana, et passâmes la
nuit dans un village voisin de la rivière Feurfëura. Je
quittai le lendemain mes compagnons de route p o u r,
aller rejoindre M. Petit à Maye Berazio, où j ’arrivai le
soir même.
Je le trouvai en meilleure santé qu’à mon départ;
il paraissait etre tout à fait bien. Je me félicitai en
songeant que tel avait pu etre l’effet du changement
d’air que j ’avais conseillé. Malheureusement il y avait
ehez M. Petit une complication de maladies fort inquiet
tantes. Le ténia le tourmentait beaucoup, et je redoutais
pour lui l’effet des médicaments qu’il seraitiobligé
de prendre pour s’en débarrasser. Son moral était cependant
tout à fait relevé, et déjà il avait repris ses occupations,
dans lesquelles M. Vignaud lui était d’un
grand secours, car il faisait les dessins d’histoire naturelle
dans la perfection. Les jeunes Abyssins que
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M. Dillon avait formés à la botanique déployaient
aussi le plus grand zèle ; et leur travail ne s’était jamais
interrompu, pas même pendant la maladie de
M- Petit.
Je convins avec ce dernier de le précéder à Adoua,
tant pour lui laisser reprendre ùn peu de forces que
pour lui préparer un logement, et je le quittai quelques
jours après, emmenant avec moi M. Yignaud.
* liÉpl