
peuple felacha eu a de très-longs, et leur seule pratique
religieuse consiste à faire la pâque pendant huit jours,
qu’ils emploient en de nombreux festins.
Les prêtres des K’mants ne peuvent se marier et
passent, ainsi, que le peuple qu’ils instruisent, pour
des gens vertueux, dévoués, et fidèles dans leurs
attachements.
Le profil des K’mants ressemble beaucoup à celui
des Arabes ; on trouve chez eux un plus grand
nombre d’hommes blancs que dans les autres races
d’Abyssinie. Ils sont robustes et peuvent transporter
les plus lourds fardeaux* leur bravoure, et leur agilité
à gravir les montagnes les plus escarpées, les font
rechercher des généraux abyssins; ils ont cependant
la réputation d’avoir l’esprit lent.
Leurs femmes s’adonnent a l’éducation des abeilles,
et y excellent. Elles seraient fort jolies, si elles ne se
défiguraient pas par la coutume qu’elles ont, dès leur
jeunesse, d’agrandir la partie inférieure de leurs oreilles
en y mettant, en guise d’ornements, des morceaux de
bois dont elles augmentent progressivement la grosseur.
Pour en finir avec ces petites populations particulières
qui occupent les environs de Gondar, je parlerai
des Ouéhitos. J’en rencontrai quelques-uns dans une
excursion que je fis le 1er février sur les bords dü lac
Tsana* comme leur physionomie me sembla plus sauvage
et surtout moins intelligente que celle des autres
habitants de cette contrée, je cherchai à me procurer
quelques détails sur leurs moeurs. L’on m apprit que
leur seule occupation est la chasse aux hippopotames :
ils disposent, pour les prendre, des pièges sur les
bords du lac dans les endroits les plus fréquentés par
ces animaux * une lance dont le fer n est pas cloué au
bois, est placée de manière à ce que l’animal, venant à
buter dessus, se perce de lui-même : il se réfugie
alors dans le la c , mais la perte du sang l’oblige, au
bout de quelque temps, à regagner les bords, où il
vient expirer. De distance en distance sont places des
gardes, et aussitôt qu’ils ont aperçu le cadavre d’un de
ces animaux, ils s’empressent d’examiner la lance
restée dans la blessure, et à la marque qu’elle porte,
on reconnaît le propriétaire. C est alors un grand festin
dans toute la famille de celui à qui appartient l’hippopotame*
ses amis sont conviés avenir en manger la
chair, qui est considérée comme très-délicate.
On fait avec la peau de l’hippopotame des cravaches
très-estimées en Abyssinie et en Égypte.
Les Ouéhitos paient chaque année au ras de
Gondar un tribut qui consiste en un certain nombre
de brides et de cravaches : ils sont affranchis de tout
autre impôt et dispensés du service de la guerre.
Cette peuplade est chrétienne de nom, mais n exerce
aucune pratique religieuse. Au physique, elle se distingue
par une apparence grêle et chétive, qui est probablement
due à leur nourriture et a leur genre de
vie.P
endant mon exploration sur les bords du la c , j ’ai
tué un bon nombre d’oiseaux aquatiques que j’ai mis en
peau pour les expédier à notre zoologiste, et tout en