
Sémiène, Agâomedeur, Ouaguéra, Tagadé, et le plateau
supérieur du Godjam.
La région des Ouaïna Dega occupe les plus larges
surfaces, parce qu’elle est tout entière située sur le
plateau moyen. La température y varie de 14° à 25°,
et malgré l’écartement de ces limites le climat y est
plus égal que dans les Dega, ce qu’il faut surtout attribuer
à la moindre différence entre la température
du jour et celle de la nuit. Ce pays moyen est en effet
presque toujours encaissé, et les vapeurs montées des
basses terres lui forment un rideau de nuages qui
empêche l’évaporation nocturne. 11 produit toutes les
graminées d’Europe, sans compter d’autres qui sont
particulières à l’Abyssinie, telles que le tbeff, l’adjia, le
dokne ; on y trouve encore le tchat ou cât des Arabes
(espèce de thé ), l’olivier, qui forme souvent des forêts
sur les pentes, le genévrier (surtout dans les provinces
orientales), et, assez avant dans les terres, le
zegba ou podocarpus, dont le tronc, parfaitement
droit, atteint des hauteurs égales à celles des plus
hauts pins du Nord, et ferait d’excellent bois de mâture
; cet arbre pourrait être acclimaté en Europe.
Enfin, dans les Ouaïna Dega croissent en abondance
les térébinthes, la vigne et le citronnier. Cette région
est la plus riche et la plus peuplée; elle comprend
les villes les plus importantes, Gondar, Adoua,
Tchéleukot, Antâlo, Ankober, etc., où se concentre
toute l’industrie du pays; c’est aussi dans ces terrains
que se trouvent les mines de fer et celles de salpêtre.
Au sud du Nil Bleu, le Ouaïna Dega s’étend en
larges plaines qui forment le pays galla; il se relève
un peu à l’ouest, vers la chaîne des Gomarou,
pour descendre ensuite par une coupée brusque au
bassin du Nil Blanc.
Le Ouaïna Dega se compose du plateau supérieur
de l’Amascène, de celui de Goura, du pays d’Amarah,
d’Edda Mariam, d’Haramat, d’Enderta, de Tembène
(le h au t), de Ouague, de Beguémedeur, de Godjam,
d’Yedjou, d’Ifat, et des terrains gallas jusqu’à l’En-
naréa.
La température, dans les Kollas, varie de 22° à 33° :
on ne peut plus y cultiver le froment; mais, outre le
maïs, on y récolte une graminée particulière à l’Abyssinie
et à l’Inde, que les naturels nomment dagoussa,
et qui fait la meilleure bière. Ces basses terres ont une
végétation magnifique ; elles donnent le plus beau coton
du monde, plusieurs espèces de gommiers, l’ébénier,
le baobab, l’indigotier sauvage, le safran, la canne à
sucre, le caféier, qui vient dans les parties élevées et
aux flancs des chaînes plutôt que dans les plaines ; il
faut y ajouter une foule de plantes médicinales et de
beaux bois de construction. Néanmoins cette région
est malheureuse. Sa population, peu nombreuse, disséminée,
se compose seulement de deux classes, celle
des chasseurs et celle des cultivateurs. En revanche,
les animaux de toutes sortes y abondent; on y trouve
tout à la fois le lion, la panthère, l’éléphant, le rhinocéros,
l’hippopotame, la girafe, le zèbre, l’autruche,
le buffle, l’antilope et le sanglier.
Le sol du pays de Kolla est la plupart du temps com