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vent la pente naturelle. Aussitôt qu il peut s affranchir
de la férule paternelle, le jeune Abyssin
abandonne son père qui le froisse, pour un seigneur
qui le choie. Ainsi tous les sentiments
tendres, justes, moraux qu’on peut puiser à la
famille bien organisée, se trouvent flétris à leur
triple source : le mariage, les enfants et l’here-
dité. Le mariage, parles concubines, les enfants,
par la féodalité, l’hérédité, par les privilèges.
Voici cependant, malgré le mépris ou est
tombée la loi civile en Abyssinie, quelles sont ses
principales dispositions :
Il y a deux mariages, le civil et le religieux :
le mariage civil se fait en présence des père et
mère, et devant le chef du village ; le mariage
religieux à l’église, devant le prêtre, qui donne
aux conjoints la communion : si c’est un mariage
entre musulmans, il se fait devant le cadi.
Ce sont toujours les parents qui traitent l’affaire
du mariage et qui conviennent de la dot.
Dans le Tigré , l’usage est que les biens de la
communauté soient égaux de part et d autre ; car,
le cas échéant d’une séparation, le partage est
égal. Chez les Amaréens , la femme apporte une
somme double de celle de l’homme ; en cas de
séparation elle reprend sa dot.
On appelle la communauté bal okoul ( qui
veut dire biens par moitié) : une femme ne peut
être mariée légitimement que sous ce régime.
INTRODUCTION. lüj
Les alliances illégitimes ( qui sont les plus fréquentes)
ne relèvent d’aucune loi; mais les enfants
issus de ces alliances ont droit à l’héritage
de leur père, tout aussi bien que les enfants
provenant d’un mariage légitime.
Dans la communauté le conjoint survivant hérite
de l’autre; dans l’alliance illégitime c’est le
plus proche parent.
Le divorce n’existe pas pour les mariages légitimes,
mais seulement pour ceux qui ne sont pas
consacrés par l’Église. Les conjoints divorcés
n’ont aucun droit au bien l’un de l’autre ; les enfants
mâles échéent au père, les filles à la mère.
Les attributions du mari dans la communauté
sont de protéger la femme, de la nourrir, de l’habiller;
c’est à lui qu’appartient la gestion des
biens. La femme doit obéissance et fidélité à son
mari : il peut la tuer s’il la surprend infidèle.
L’héritage des enfants se règle d’après les mêmes
lois à peu près que chez nous. Tous les enfants
ont part égale dans les biens de leurs parents ;
cependant, le père peut avantager d’un quart celui
qu’il aime le plus, et s’il s’agit d’une charge ou
d’un gouvernement, le père et la mère choisissent
leur héritier.
A l’égard des enfants de plusieurs lits, il en est
absolument de même.