
ptômes extérieurs, souvent môme très-marqués, il est impossible de la
méconnaître; et, en général, la plaie elle-même offre les caractères des
plaies dites scorbutiques.
2° L adynamie, suite d’une maladie chronique ou d’une maladie aiguë
, prolongée au delà de quinze à vingt jours, époque qui suffit dans
cette contrée pour qu’il existe une adynamie très-profonde, pendant laquelle
se montre fréquemment l’oedématie des membres inférieurs, à
laquelle il faut reconnaître une grande influence sur le développement
de la plaie.
3° La nostalgie, les chagrins, les privations, les fatigues, joints au
changement de climat, toutes causes de nature adynamique, sont autant
de prédispositions qui n’attendent plus que la cause occasionnelle.
X. Cette cause occasionnelle est, toute égratignure, écorchure, etc.,
résultant de la chaussure, du prurit ou de tout autre effet analogue : il
se montre d’abord un petit bouton qui, une fois écorché, donne rapidement
naissance à la plaie.
XI. Celle-ci une fois déclarée, et le malade n’étant pas encore arrivé
à cette époque où l’adynamie est à son dernier période, le changement
de lieu (en s’éloignant du littoral) est un des meilleurs moyens de la
modifier favorablement.
XII. Sous le rapport du diagnostic, dans les cas où existent les causes
générales sans lesquelles la maladie est bénigne, on peut noter trois
degrés :
P r e m i e r d e g r é . — La petite plaie, résultant du bouton ou de l’écor—
chure produite par la chaussure ou toute autre excoriation par cause
externe, loin de se cicatriser, présente, au bout de deux ou trois jours,
de 1 inflammation à son pourtour, avec gonflement, tandis qu’au centre,
on remarque une petite esarre.
Après deux ou trois jours, il se forme un second cercle inflammatoire,
tandis que le premier passe à l’état gangrénéux, et que la première
escarre étant tombée, laisse à sa place une dépression par perte de substance,
qui augmente rapidement jusqu’à acquérir la grandeur d’une
pièce de cinq francs.
Jusque-là la peau seule et le tissu cellulaire sous-jacent ont été attaqués.
Arrivée à cet état, la plaie se nettoye, son aspect est rougeâtre, les
bords sont relevés et renversés en dehors ; il existe des douleurs limitées
aux environs : tel est le premier degré de la maladie.
Deuxième d e g ré . — En cinq à six jours la plaie s ’agrandit avec rapidité,
au point d’égaler la surface de la paume de la main. Pendant ce
temps, elle ne borne plus son action à la surface dermoïde, elle s’étend
aussi en profondeur, attaque les muscles et les tendons. La plaie n’est
plus égale, mais elle creuse inégalement et présente des piliers, des colonnes
charnues entre lesquelles on remarque des points gangrénéux
ou des plaques grisâtres qui forment de nouvelles escarres. Les bords
continuent à se resserrer en dehors, deviennent de plus en plus relevés,
de plus en plus douloureux, et autour on remarque un cercle grisâtre
qui se trouve bientôt envahi et confondu dans les nouveaux progrès de
l’ulcère. Il n’est pas rare alors de voir la plaie se cicatriser malgré la
destruction des muscles et des tendons ; mais, au moment où la cicatrice
semble complète et durable, à la suite d’un changement dans la
direction des vents, ou d’une cause interne, cette large cicatrice se parsème
de points enfoncés qui, la rongeant en se rapprochant, ramènent,
en deux ou trois jours, la plaie à son état primitif.
Dans ce degré, les douleurs insupportables ne sont plus bornées au
pourtour de la plaie, elles s’étendent le long des muscles, des tendons,
des os, et s’opposent par leur continuité au moindre repos. L’os, quoiqu’il
ne soit pas encore à découvert, est déjà malade. En effet, si l’on vient
à le mettre à nu, soit en pressant sur les tissus ramollis qui le recouvrent,
soit par une incision, on trouve le périoste détruit, et l’os atteint
de carie.
T r o i s i è m e d e g r é . — La plaie continuant à s’agrandir en surface et en
profondeur, finit par mettre à nu les os et les articulations; alors de l’état
de carie, l’os passe à celui de nécrose, et si le malade résiste encore aux
progrès toujours incessants de la maladie, les parties nécrosées s’exfolient,
et au pied, par exemple, les phalanges se détachent successivement.
La plaie pendant tout ce temps, en totalité ou en partie, est recouverte
d’escarres gangréneuses humides ou sèches.
XIII. Au premier degré, l’écoulement qui a lieu par la plaie est
une suppuration sanguinolente qui, en séjournant sur les bords de l’ulcération,
détermine'sur les points avec lesquels elle est en contact, une
inflammation manifeste. Elle tache le linge d’une manière indélébile,
tandis que dans les deux autres elle disparaît avec facilité par le lavage-.
La plaie bien essuyée conserve un aspect blanchâtre. Dans le cas de
guérison, la suppuration reprend les caractères ordinaires de celle des
plaies qui se cicatrisent.