
le grand, à son image : à son tour il a eu ses na-
garits et ses dedje-asmatche. Ic i, ce ne sont pas,
comme a dit le poëte, des ministres qui
Se taillent des pourpoints dans un manteau de ro i,
ce sont des laquais qui se sont fait une veste dans
l’habit du rfiaître.
Les nagarits sont toujours divisés en grands
districts nommés bala-kenda-meleket-aguer, et
ceux-ci en petits districts qui portent le nom de
simples commandements ou choumat.
Ces petits despotes ont aussi leurs fiefs d’église
et leurs fiefs militaires; les uns et les autres continuent
d’être appelés goults. Ils vendent les premiers
aux debteras et donnent les autres à leurs
créatures. Cependant, tant il est vrai que la corruption
vient d’en haut et non pas d’en bas, il s’est
trouvé de petits feudataires q u i, de l’accord de
leurs tenanciers, ont persisté à soutenir l’hérédité
de leurs fiefs, les armes à la main, contre ces suzerains
de hasard : ce conflit en a amené un autre,
sous prétexte de transaction. Lefeudataire a gardé
son fief, mais il a dû recevoir de la main du seigneur
de fait un représentant nommé meslenié,
qui commande tout autant que lui dans ses domaines
; car il prélève la partie de l’impôt destinée
à son maître, et en retient un dixième pour son
propre compte.
Dans cette débâcle de la monarchie, deux
charges sont restées debout dans leur intégrité,
parce qu’elles sont irrévocables, étant données par
élection : nous en avons déjà parlé ; ce sont celles
d’etchégué et de lika-monkoas, dans lesquelles se
reflète, pour ainsi dire, l’immuabilité religieuse
que nous avons constatée plus haut. Toutes les autres,
dans l’ordre militaire, judiciaire ou administratif,
ont suivi le déclin général, soit par la restriction,
soit par 1 instabilité. Nous allons en faire une
énumération aussi complète que possible.
EMPLOIS M ILITAIRES .
La première charge est celle de ras. Naguère,
il était chargé de la perception de l’impôt pour le
compte de l’empereur, son maître.
La deuxième est celle de dedje-asmatche, ou
général d’arrière-garde, qui est quelquefois gouverneur
de province.
La troisième est celle de kégne-asmatche, ou
général qui commande la colonne du flanc droit.
La quatrième est celle de guera-asmatche, ou
général commandant la colonne de gauche.
On nomme fit-aorari le général d’avant-garde ;
les chefs de section qui dépendent de chacun de
ces grands commandements se nomment alahas.
On remarque ensuite le bacha-neftegna, ou chef