
dont nous prîmes un grand nombre ; mais ici encore la
chance nous fut contraire ; car toutes celles que nous
envoyâmes dans l’alcool, àMessoah, furent gâtées,
et si nous n’avions eu quelques dessins fâits sur •
place, il nous serait impossible de donner à cet
égard la moindre indication.
La classe zoologique la plus nombreuse sur les rives
'e s t celle des reptiles; on y trouve, outre plusieurs
espèces de serpents, dont quelques-unes furent recueillies
et envoyées au Jardin des Plantes, le scorpion
noir, le lézard des murailles, qui est couleur
de cuivre rouge, celui des rochers, dont le ventre est
bleu de ciel et qui a de 7 à 8 pouces de longueur, etc.
Les scorpions, qui sont fort communs dans cette contrée,
y atteignent quelquefois des dimensions énormes;
M. Petit en a vu un qui n’avait pas moins de 5 pouces
de long, et dont la queue était de la grosseur du
petit doigt.
Il ne nous fallut pas moins de cinq heures pour
descendre du plateau de Tchélatchékané et remonter
sur le plateau opposé, qui appartient à la province
de Telemte. Pendant deux autres heures nous marchâmes
sur une rampe de terrain rouge. Le pays était
peuplé et les habitants paraissaient aisés : on y cultivait
le blé, l’orge, et, dans quelques endroits, le
theff. Nous nous arrêtâmes dans un village où se
trouvait un gommier dont le tronc laissait s écouler
une assez grande quantité de gomme. Je demandai
si cet arbre était commun dans la localité; il me
fut répondu que o u i, et qu’on pourrait récolter une
grande provision de cette gomme, si l’on voulait s’en
donner la peine. Ici les habitants nous apportèrent pour
notre souper du pain, de la bière d’orge en abondance,
et une chèvre.
Nous descendîmes ensuite dans une plaine que l’on
nomme Adde Haoussé, et qui est gouvernée par une
femme. Nous apercevions de là le plateau de Chouma-
roa, où nous comptions passer la nuit. A midi nous commençâmes
à grimper sur des collines élevées ; à deux
heures nous étions au village de Maye Loumi : nous
y fîmes reposer nos mules, et à trois heures nous recommençâmes
notre ascension sur le flanc d’une montagne
escarpée. A mesure que nous avancions, le
chemin devenait plus étroit; bientôt ce fut un sentier
de deux pieds de largeur, suspendu sur un précipice
dont on ne pouvait apercevoir le fond : un seul faux
p a s , :et c en était fait de nous. Tous ceux qui
n’étaient pas malades descendirent de mule; quant
à moi, au risque de rouler dans l’abîme, je restai sur
ma monture, car je n ’aurais su me soutenir à pied. A six
heures enfin, nous parvînmes au plateau de Chouma-
roa, et nos yeux furent agréablement frappés par la
vue d’une magnifique campagne. En revanche, les
maisons du village étaient délabrées, sales, et qui pis
est, pleines de puces. Les habitants, non plus, ne nous
parurent pas pratiquer une hospitalité .en harmonie
avec leurs richesses.
Le lendemain, nous suivîmes pendant toute la matinée
le bord d’u n plateau élevé, mais cependant déminé
par des crêtes qui le mettent à l’abri des vents