
peine si nous obtenons quelques rations de fèves et
de lentilles.
L’accueil n’était pas de nature à nous retenir longtemps.
Le lendemain, à cinq heures, le soleil en se
levant nous a trouvés sur la route, dans la direction
du sud-sud-ouest. Bien que la route serpente à travers
les détours du Maye Thenothi qu’elle traverse sept
fois, elle est cependant assez facile à suivre pour que
je m’abstienne de détails.
Nous nous sommes arrêtés pour déjeuner sur les
bords duFeurfeura. Cette rivière, qui a presque constamment
de quarante à cinquante pieds de large dans
tout son parcours, n’a que deux à trois pieds de profondeur
à l’endroit où nous l’avons traversée. Les
douaniers indigènes, établis sur ses bords pour percevoir
l’impôt sur les marchands de sel et les autres
caravanes, nous ont offert l’abri de leurs cabanes de
feuillage. Après six heures d’une marche rendue très-
fatigante par la descente difficile de Thaye-Moqka, nous
sommes arrivés à la maison où nous devions passer la
nuit.
Le lendemain, qui devait être notre dernière journée
de marche, nous avons pris à cinq heures du matin
notre direction au sud. Après quatre heures de
route, nous sommes arrivés sur les bords du Maye
Khôrhôrhô, assez profond à l’époque de la saison
des pluies. Cette rivière qui a douze ou quinze
pieds de large, n’en avait alors qu’un seul de profondeur.
Nous rencontrâmes des douaniers qui nous enseignèrent
la route, et le reste de la journée s’écoula
sans autre événement que notre arrivée au terme du
voyage. A deux heures je serrais la main de Shimper
et nous faisions élection de domicile chez lui. Demain
je traverserai le Taccazé, et, dans trois jours, je serai
à Maye-Tâlo chez Oubié, où je compte trouver Dillon.
Alors je te donnerai plus au long de mes nouvelles, et
j ’espère que ce sera ma dernière lettre d’ici à ton retour,
que nous attendons avec grande impatience.
Au revoir donc.
A. P.