
§ I. — L’ÉTAT.
Pouvoir religieux : dogme, divergences, sectes, culte.,— Pratiques
religieuses. — Gouvernement de l’Église. — Hiérarchie
cléricale. — chef de l’Église. — Prêtres. — Biens de l’Église.
— Monastères. —1 Lieux d’asile. — Pouvoir politique : forme
du gouvernement. — Chef de l’État, ses prérogatives. — Emplois
civils et militaires. — Formalités de leur nomination. —
Révocables ou non. — Justice : administration de la justice.
— Code pénal des Abyssins. — Avocats, bourreaux, prisons.
— Armée : hiérarchie militaire.— Levée des troupes. — Leur
solde.—Leur équipement. —Leur organisation.—Leurmarche
en campagne. — Leur manière de combattre. —Impôts : leur
répartition. — Leur nature.. — Leur collection.
Les Abyssins-Ethiopiens, c’est-à-dire les habitants
des hautes terres, sont chrétiens ; cependant
on comprend encore sous ce nom d’Abyssins
les habitants du littoral de la mer Roüge
et les Gallas de la frontière méridionale. Les
premiers sont musulmans, et les Gallas vivent
à l’état d’indifférence, quoiqu’ils aient la notion
de la Divinité, et qu’ils lui donnent à peu près la
même définition que les chrétiens. Ils croient à
de bons et de mauvais génies : tantôt ces génies
habitent l’intérieur d’une pierre, tantôt celui
d’un arbre ; c’est à eux , plutôt qu’à l’Etre suprême
que les Gallas adressent leurs prières. Dieu
a tout créé, disent-ils; Dieu nous jugera après
la mort ; mais les génies s’occupent des affaires
d’ici-bas. Leurs cérémonies religieuses sont mélangées
de plusieurs pratiques du paganisme ; c’est
ainsi qu’en forme de sacrifice, ils répandent du
beurre sur une pierre ; q u e , dans le cas de maladie
, ils égorgent une poule dans le chemin afin
d’expier la malédiction ou de conjurer le mauvais
sort ; enfin, pour connaître le destin d’une entreprise
, ils sacrifient une brebis, et examinent si
le péritoine est blanc, ou s’il a quelques taches
de sang : dans le premier cas , l’augure est favorable
; il est funeste dans le second. Cette pratique
se rattache à la tradition suivante : on rapporte
qu’un jour le livre sacré descendit du ciel,
et que dans ce livre on lisait l’avenir ; quelque
temps après une brebis mangea le livre, qui devint
ainsi de la graisse. Telle est la raison pour
laquelle aujourd’hui cette graisse est consultée.
Les Gallas expriment cette tradition dans leur /
langage par les mots suivants : 1natâf ouakabouéé-
saa lone ignaté mora té-é ourmone matâf ni
mora.
Grand nombre de Gallas étaient déjà convertis
au christianisme avant l’invasion du mahométan
Gragne ; on en trouve encore beaucoup de chrétiens
dans le royaume de Kafa et de Naréa, ainsi
que dans la province de Gouraguié ; mais leur