
quence, la dyssenterie, les affections scorbutiques et rhumatismales et
les fièvres intermittentes pernicieuses. Au nombre des premières sont le
ver de Mèdine, ou dragonneau, qui, loin d’être né dans l’Arabie, y est
transporté par les esclaves sortis du Sennaar, du Kordofan, de l’Abys-
sinie, etc. ; l’histoire de cette maladie a été étudiée avec soin par le chirurgien
en chef de l’hôpital de Djédda, M. Chédufau, qui se propose d’adresser
prochainement à l’Académie de médecine de Paris, un mémoire
sur ce sujet : j’y joindrai à mon retour les considérations que m’aura
suggérées l’étude de cette même affection dans les divers points de
l’Abyssinie où elle est très-commune.
Une autre affection plus terrible encore et mal connue jusqu’ici, est
celle désignée par les auteurs sous le nom de plaie de l’Yémen.
Elle a été également l’objet des recherches continuées depuis cinq
années, sans interruption, et sur un nombre très-considérable de sujets,
par le même observateur. Une monographie presque terminée, à laquelle
seront jointes de nombreuses observations et des dessins coloriés exécutés
pendant notre séjour à Djédda par mon collègue, M. le docteur Dillon, et
représentant les divers degrés de la maladie, sera l’objet d’un prochain
envoi. Quant à moi, pressé par les circonstances, et n’ayant point le
loisir nécessaire pour tracer une histoire détaillée et complète de cet
effroyable fléau, je me bornerai à signaler ici les points les plus saillants
de son histoire dans un court résumé que j’ai fait sous les yeux et avec
la collaboration du chirurgien que je viens de nommer.
Propositions sur la maladie connue sous le nom de plaie
de l’Yémen.
î. La plaie de l’Yémen n’est pas bien connue ; on l’a crue jusqu’ici une
maladie locale, tandis qu’elle tient toujours à un vice général qui peut
être de plusieurs natures, mais qui toujours revêt la forme adynamique.t
II. Sous le rapport de la fréquence, chez les différentes races d’hommes
que l’on trouve en Arabie, on remarque que cette affection se présente
dans l’ordre suivant :
10 Chez les nègres venant du Sennaar, ou des contrées voisines, comme
le Kordofan, le Darfour, etc.
2° Chez les indigènes de la classe misérable.
3° Chez les soldats de Syrie nouvellement arrivés et soumis à de
nombreuses fatigues ou qui ont souffert des maladies du pays.
4° Elle est très-rare chez les Égyptiens transplantés dans l’Arabie,
et a besoin alors, pour se montrer, qu’une des causes générales qui président
à son développement, soit beaucoup plus prononcée chez les individus
des trois premières catégories.
5° Les officiers turcs répandus en assez grand nombre dans les régiments,
n’ont présenté que deux ou trois cas dans l’espace de cinq
années.
6° Les Turcs attachés à la cavalerie ou aux régiments irréguliers ont
succombé en assez grand nombre à la suite de cette plaie, mais toujours
il y avait eu avant une maladie primitive, et tous appartenaient à la
classe malheureuse. ,
7° Les Européens n’en ont jamais été atteints, quelles que soient les
plaies, écorchures ou autres solutions de continuité de la peau, des extrémités
inférieures, dont ils puissent être affectés. Cette observation est
entièrement opposée à l’opinion émise dans les auteurs et accréditée
dans le monde.
III. La plaie n’est ni épidémique, ni contagieuse. Ce dernier fait résulte
d’expériences directes d’inoculation qui seront détaillées dans le
mémoire annoncé par M. Chédufau.
IV. La plaie ne se rencontre que depuis Aden jusqu’à Yambo.
V. Elle est de plus en plus commune, selon que l’on se rapproche du
littoral, ne se remarque que très-rarement dans l’intérieur, et toujours
dans ce cas elle est bénigne. Cette année seulement, vu les changements
survenus dans la constitution atmosphérique, on l’a remarquée, pour la
première fois, sur le montagnes du haut Hedjaz, où elle était inconnue
jusqu’ici.
VI. Le théâtre le plus ordinairedes ravages de cette plaie est à Kon-
foudah, pays très-bas, situé au-dessous du niveau de la mer, et à l’île
de Kameran, voisine de ce pays.
VII. Presque constamment la maladie se montre aux extrémités inférieures,
depuis le genou jusqu’au bout des orteils, plus particulièrement
sur la face interne de la jambe, au dos du pied et à lâ malléole interne.
VIII. Elle est toujours liée, comme nous l’avons dit plus haut, à un
vice général dans l’économie, car ce n’est que dans des cas exceptionnels
très-rares que la maladie semble être purement locale.
IX. Ces vices généraux sur lesquels la plaie ne fait que très-peu de
ravages, et qui, dès lors, semblent être la cause essentielle de la maladie,
sont d’après leur ordre de fréquence :
1° La diathèse scorbutique arrivée à un degré tel, que par des sym