
iv AVANT-PROPOS,
le dommage qu’il causera à cette publication; car,
en empêchant mes amis de mettre la dernière
main à une oeuvre si longuement et si patiemment
édifiée, il m’a imposé, comme un devoir religieux,
de les remplacer ; or, malgré toute ma bonne
volonté , je crains bien d’être resté au-dessous de
la longueur et de la difficulté d’un pareil travail.
Je ne perdrai pas cette occasion de remercier les
personnes qui me sont bienveillamment venues
en aide ; M. Richard, d’abord, le protecteur du
malheureux Dillon, et q u i, en se chargeant de
classer les notes botaniques de son ancien élève ,
a montré toute l’étendue de son esprit et la délicatesse
de son coeur; M. Deshayes, le savant
conchyliologiste ; M. Prévost, qui a bien voulu
accepter la rédaction de la partie zoologique ;
M. Guérin , l’entomologiste distingué , qui a prêté
l’appui de son talent à la description des espèces
recueillies par notre expédition; M. Rôuhaut,
auteur du classement géologique.
Je ne pourrai nommer tous ceux q u i, à des
titres divers, se sont vivement intéressés à cette
publication ; mais je les prie d’agréer ici un témoignage
public de reconnaissance qui s’adresse
à tous.
AVANT- PROPOS/ v
Quelques mots maintenant sur notre voyage.
J’avais déjà reçu la mission d’explorer l’Abyssinie,
et les instructions de M. l’amiral Rosamel,
ministre de la marine, ainsi que celles de
M. Martin (du Nord), lorsque MM. Petit et Dillon,
tous deux docteürs-médecins, tous deux fort
instruits dans les sciences naturelles, me proposèrent
de se joindre à moi pour concourir à
l’exploration chacun dans sa spécialité. J’accueillis
avec empressement une proposition qui permettait
d’étendre considérablement le cercle des
recherches. MM. Petit et Dillon se firent commissionner
du Muséum d’histoire naturelle, et, munis
d’un supplément convenable d’instructions,
nous nous préparâmes à partir. A ce moment
même, M. Darche , employé dans la maison d’or-
févrerie de M. Wagner, vint offrir de faire route
avec nous jusqu’à la mer Rouge, où il. devait se livrer,
au compte de sa maison, à des essais sur la
pêche des perles. Ce nouveau compagnon fat
agréé, et nous partîmes peu de jours après.
Toutes les circonstances ultérieures de ce malheureux
voyage sont longuement racontées dans
la relation qui va suivre; je n’y insisterai donc
pas davantage. Je terminerai par une seule obser