
nez droit, le front grec, l’oeil indien, et le profil
ouvert. La couleur de leur peau est moins foncée
que celle des autres chrétiens, sans en excepter
ceux de l’Amarah; leur corps est svelte, le pied
et la main petits. Us passent aujourd’hui pour les
plus braves guerriers et les meilleurs cavaliers de
l’Abyssinie, bien que leur pays soit montagneux.
Us parlent à la fois letigréen, l’agow et l’amarah.
Les habitants qui sont aux environs de Gondar,
et qui forment la population qu’on appelle Ama-
rah, ont le crâne très-large, l’oeil d’une beauté
remarquable et parfaitement placé dans son orbite,
la face peu développée par rapport au crâne,
les pommettes saillantes, l’angle facial ouvert et
le corps bien proportionné, si ce n ’est un développement
un peu exagéré des hanches. Ils ont les
cheveux crépus, mais avec de nombreuses exceptions
; leur peau varie de teinte à l’infini ; cependant
elle est généralement d’un brun olivâtre
foncé. Les Amarah sont les gens les plus gais et
les plus spirituels de l’Abyssinie ; mais ils manquent
de constance dans leurs projets. Leurs
femmes sont industrieuses et font en quelque
sorte tous les travaux, tandis que l’homme se
laisse aller à l’indolence, quand il ne guerroie
pas ou qu’il est assez grand seigneur pour vivre
sans cultiver lui-même son terrain.
La population du littoral a un cachet plus particulier,
qu’on retrouve aussi dans les îles de la
mer Rouge en général, excepté dans les points
qui sont en contact avec les Arabes ou avec les
nègres ; toute cette population est remarquable
par la beauté des formes et la régularité des traits,
quoiqu’elle ait le teint beaucoup plus noir que la
population éthiopienne. On rencontre aussi très-
fréquemment chez elle des cheveux lisses, et ce
caractère est bien tranché dans les endroits qui
n’ont pas eu de mélanges avec les races nègres :
c’est à partir de Cosséir qu’il devient sensible. Il
se voit encore dans les tribus Hababdés, dans
quelques-unes des tribus Chohos, qui ne vont
pas à la Mecque, chez les Taltals, voisins du lac
Alelbad, et chez les Danakils, qui sont proches de
l’Angote.
D’après ce que nous venons de dire, on peut
juger s’il est difficile de peindre à grands traits
les moeurs communes à ces diverses souches d’un
même peuple. Les Abyssins fournissent en . effet
la matière de beaucoup de rapprochements,
sans en présenter aucun de bien positif. Ils ont
évidemment emprunté à un grand nombre de
nations ; mais, avec le temps, un travail d’appropriation
tout particulier a fondu ces emprunts
dans leur propre originalité.
Le côté saillant du caractère des Abyssins est la
légèreté, ou cette inconstance de pensée qui ne