
renseignements touchant les peuplades limitrophes de
l’Abyssinie, au nord.
Les Gallas sont à la frontière méridionale. En interrogeant
des esclaves de cette nation, qui sont en grand
nombre à Gondar, j ’ai réuni les détails suivants :
A les entendre, les Gallas occuperaient une surface
beaucoup plus étendue que le pays chrétien : quelques-
uns se sont répandus à l’est, du côté de l’Harar; d’autres
ont pénétré à l’ouest, au delà de l’équateur, et ont
des communications avec les Européens, dont ils reçoivent
quelques verroteries et une espèce de coquillages
appelés cauries.
Leur langue contient plusieurs dialectes, ce qui ne
les empêche pas de s’entendre entre eux ; mais, quoique
ne faisant aux yeux des Abyssins qu’un seul
corps de nation, ils ne présentent pas une grande uniformité
dans leurs moeurs et dans leurs habitudes ; cette
communauté de langue et d’origine ne paraît pas établir
entre eux aucun lien de fraternité; loin de là, ils
vivent dans un état perpétuel de guerre les uns avec
les autres, et c’est à peine si un Galla peut sortir de
son habitation pour aller puiser de l’eau, sans s’exposer
à l’attaque d’un ennemi, qui cherche à l’enlever
pour le vendre à son marché. Divisés par tribus dont
le nombre est infini, ils s’épient continuellement pour
se voler ainsi leurs femmes et leurs enfants.
Tout cruels et cupides que soient ces barbares, ils
s’abstiennent de piller les caravanes, comprenant bien
qu’il est plutôt de leur intérêt de les imposer toutes à
leur passage que d’en dépouiller quelques-unes ; aussi
n’est-il aucun endroit dé ce pays galla où elles ne
soient Soumises à un droit fixe*
Ce peuple est généralement divisé en tribus qui
élisent chaque année un chef, dont les fonctions et les
privilèges sont analogues à celles d’un président d une
république ; au milieu de ces petits gouvernements
démocratiques, il s’est formé quelques monarchies
despotiques parmi lesquelles on distingue celles de
Kàfa, Koutehia, Gourâguié : il en existe probablement
d’autres plus au sud sur lesquelles je n’ai pas de renseignements.
Quant à celles que je viens de citer, il y
règne beaucoup plus d’ordre que dans les tribus indépendantes
, èt elles absorbent tout le Commerce du café
et celui du musc de civette, que l’on peut regarder
COmiùe un des plus importants de l’Abyssinie. Elles
fournissent aussi dé l’ivoire et quelques plantes médicinales.
Mais l’objet principal du commerce, pour les
négociants mahométans, est celui des esclaves, qui
sont extrêmement recherchés dans les ports de l’Arabie,
lés hommes à cause de leur fidélité et de leur intelligence,
et les femmes à cause de leur beauté et de ce
préjugé répandu chez les Turcs, que leur contact seul
peut rendre la sauté à uft vieillard. Les Gallas sont cultivateurs,
ce qui ne les empêche pas d’être d’excellents
guerriers. Bons cavaliers, montés sur des chevaux
vifs et vigoureux, ils sont extrêmement redoutés des
chrétiens, qui nè peuvent les combattre avec avantage
qtie dans lès pays coupés ou montagneux* Les armes
des Gallas sont la lance et le sabre : ils commencent
aujourd’hui à se servir des armes à feu ; mais ils en ont