
l’amputation du membre malade, lorsque toutefois, au moyen du traitement
général, on a mis le malade dans de bonnes conditions, et que,
d’ailleurs, aucune contre-indication ne s’y oppose. On a constaté que le
nombre des succès était supérieur à celui des revers : ainsi sur neuf cas
récents, il n’y a eu qu’un seul de mort, survenu le quarantième jour
après l’opération et par suite de dyssenterie.
Enfin, il faut noter que dans toutes les amputations et autres opérations
pratiquées pour quelque cause que ce soit, la réunion par première
intention est adoptée généralement et suivie de succès , depuis
qu’elle a été introduite par M. Chédufau, lors de l’organisation du service
de santé en Arabie : ce qui prouve bien la forme adynamique que le
climat impose à toutes les maladies, c’est la nécessité où l’on se trouve
de nourrir le malade à partir du jour même de l’opération, car la diète
entraînerait le plus souvent la mort; et, de plus , ce qui vient encore à
l’appui de ce fait, c’est l’absence, ou quand elle se montre, le peu d’intensité
de la fièvre traumatique.
Je puis citer, en faveur de cette doctrine, un fait dont j’ai été témoin
pendant mon séjour à Djedda. C’est celui d’un jeune soldatatteint de la
plaie au troisième degré, chez lequel les phalanges de trois orteils et le
premier métatarsien étaient tombés par suite de la nécrose, et qui, malgré
l’état d’affaiblissement auquel l’avaient réduit la suppuration et la
dyssenterie dont il avait éprouvé les atteintes quelques jours avant, fut
soumis à l’amputation de la jambe au point d’élection. Chez ce malade
que j’ai suivi pendant une huitaine de jours, époque à laquelle sa plaie
s’est fermée, des aliments furent donnés dès le premier jour : un bouillon
et un potage, et en augmentant rapidement la quantité les jours suivants.
Je n’ai remarqué aucune trace de fièvre traumatique, le pouls et la peau
ayant conservé toujours leur état normal ; il en est ainsi dans presque
tous les cas.
Enfin, la cicatrisation de toute plaie, même très-étendue, se fait avec
la même célérité et le même bonheur, surtout sur les montagnes et dans
le hautHedjaz; ainsi, par exemple, la plaie qui résulte de l’opération de
la taille (les calculs vésicaux sont assez communs), guérit radicalement
en cinq à six jours, et le cours de l’excrétion urinaire se rétablit dès le
lendemain.