
le jeu de la machine et l’ensemble de la construction
du navire. Ils étaient bien un peu gauches dans le
costume arabe que je venais de leur faire prendre;
mais, à bord d’un bâtiment européen, ils n’avaient
pas à redouter à cet égard des juges très-sévères
Nous fûmes deux jours dans cette traversée ; mais
le paquebot de Constantinople étant en retard, nous
restâmes deux autres jours à l’attendre dans la rade de
Syra. Nous en partîmes le 23, et jetâmes l’ancre le 25
vis-à-vis le lazaret de Malte. J’allai choisir un logement;
et, dans la journée, nous quittâmes le bord avec
nos bagages pour venir habiter le lazaret.
Je profitai de la quarantaine pour rédiger plusieurs
rapports aux ministères de la marine et du
commerce.
Nous quittâmes le lazaret le 18 mars pour aller nous
loger en ville, en attendant le départ du bâtiment pour
la France ; nous eûmes ainsi l’occasion de passer la
semaine sainte à Malte, et je ne manquai pas de
conduire les Abyssins aux fêtes de l’Eglise catholique.
La musique et le caractère majestueux des cérémonies
parurent les impressionner vivement. L’un
d’eu x , Guebra Mariam, pleura en entendant le Stabat
Mater.
Nous appareillâmes le 21 sur le paquebot le Sésostris.
Le 24, nous étions à Civita-Vecchia, et le 27 à Marseille.
La douane avait reçu l’ordre de ne pas visiter mes
bagages, et je pus passer avec toutes mes collections
sans être inquiété le moins du monde. J’allai loger à
l’hôtel du Nord, où j ’attendis le départ de la diligence
de Paris. Le 29, nous nous plaçâmes dans l’intérieur
de la voiture, où était aussi une partie de l’ambassade
turque, qui sé rendait à Londres pour assister au traité
Brunow.
Nous arrivâmes à Paris le 3 mai 1840.