
Les chefs des villes-asiles se recrutent aussi
parmi les debteras. Là, leur volonté est tellement
absolue que le souverain même ne peut y contrevenir
que par une destitution. Enfin, c’est encore
la classe des debteras qui fournit les écrivains
, les médecins, les avocats et généralement
tous les hommes de science et d’industrie; mais,
par contre, ces gens qui constituent, comme on
le voit, la partie intellectuelle de la nation, exploitent
souvent la crédulité publique, et se font
les agents des nombreux exorcismes qui se pratiquent
en Abyssinie.
Le lika-monkoas, ou grand juge de l’empire, est
un debtera. Ce titre donnait autrefois la prééminence
sur le ras même ; car le lika-monkoas seul
avait le droit de s’asseoir auprès de l’empereur,
de se revêtir du même habit que lui, de monter le
■ même cheval et la même mule. Mais la révolution
qui a placé le ras à la place de l’empereur, a , du
même coup, anéanti toutes les grandes charges civiles
de l’empire.
Après l’etchégué vient le lïka-kaénat, ou juge
des ecclésiastiques ; au-dessous de celui-ci le ko-
rosse ou grand vicaire, puis le komous vicaire, le
keisse prêtre, le diacone diacre1.
1 Voici la hiérarchie des dignités conférées au corps des
debteras :
Alaka, chef d ’église ou de couvent.
Mériguiéta, qui fait les honneurs de l’église et garde le feuta negueuste.
Le nombre des monastères est très-grand en
Abyssinie, et leurs règles sont aussi variables
qu’en Europe. Naguère c’étaient des lieux entourés
d’un haut respect ; tout criminel y était à
l’abri des poursuites de la justice. Aujourd’hui
cette considération est bien tombée ; l’homme
puissant en tient peu de compte, ce qui doit l’amener
tôt ou tard à la même désuétude aux yeux
du vulgaire. L’asile le plus vénéré était celui
d’Axoum, la ville antique , la ville sainte, celle
que les vengeances du ciel et des saints défendaient
de toute profanation. On prétendait que
les païens eux-mêmes n’avaient jamais osé la ravager,
et on racontait à l’appui de cette assertion
que : « Un jour un cavalier galla, moins respectueux
que les autres, s’avança dans un faubourg
d’Axoum, et disparut tout à coup sous
Kégne guiéta, placé à droite pour diriger le chant.
Guéraguiéta, placé à gauche.
Ré-Sedehe, qui surveille la distribution des revenus.
Eme, qui tient l’administration de l’église sous les ordres deTalaka.
Metchénié, qui fait placer le monde dans les cérémonies de mariage ou
d ’enterrement.
Dans un couvent d’hommes :
Le chef se nomme memeurié.
Après lui Yafa memeurié, qui transmet les ordres au likared.
Likared, qui ordonne.
Meggabi, qui surveille le matériel.
Goal meggabi, aide.
Teleche, qui fait le pain et la cuisine. ;
Aregawi. moines.