
que, généralement, vers quatre heures de l’après-midi,
il forme un torrent très - considérable ; mais vers le
milieu de la nuit, ce surcroît d’eau est tout à fait
écoulé, et le ruisseau reprend son allure pacifique.
Pareille chose arrive , du reste, pour la majeure partie
des rivières d’Abyssinie, qui, à certaines heures, sont
toujours guéables, même pendant la saison des pluies.
11 n’y a guère que le Taccazé et l’Abbaye qui contreviennent
à cette loi générale.
Le lit de l’Assem se compose de blocs détachés du
schiste argileux, durs, compactes, d’un gris bleuâtre,
et veinés de quartz blanc disposé irrégulièrement à
l’égard des strates du système. A cinq mètres au-dessus
du l i t , cette roche passe au schiste ardoisier, dont la
coloration, un peu plus rougeâtre, est produite par
l’oxyde de fer que l’on y trouve disséminé en cubes. Ces
schistes, arrivés au niveau des terrains meubles situés
devant la ville, deviennent argilo-talqueux, et renferment
une assez grande quantité de cristaux de fer
sulfuré.
Après avoir passé l’Assem, nous nous dirigeâmes
au N. N. 0 . , laissant sur notre droite la montagne du
Selleuda, élevée de six cents mètres au dessus d’Adoua;
puis nous entrâmes dans la vallée de Maye Téra, qui
tire son nom du ruisseau qui l’arrose. En montant sur
le plateau qui la termine, nous nous trouvâmes au
milieu d’un pays riche en céréales, telles que theff,
blé, orge, michella, mais qui, en fait d’arbres, ne produit
pour ainsi dire que le mimose. A un demi-mille
plus loin, nous franchîmes la montagne d’Addi Edmot,
par un sentier étroit pratiqué dans un schiste argileux
en décomposition, friable et d’une couleur, jaune
d’ocre : les abords de la route étaient hérissés de
roches amphiboliques détachées. A la montagne succéda
une longue plaine, coupée de plusieurs ruisseaux
sur les bords desquels nous trouvâmes la saponaire,
le poivre d’eau et le mocmoco (1\umex), dont on fait
bouillir la racine avec le beurre pour le conserver. La
plus grande partie des terrains était cultivée; nos
botanistes y recueillirent plusieurs plantes. Nous gravîmes
une chaîne de collines qui nous fermait l’horizon
au nord, et nous vînmes nous reposer, après trois
heures de route, à l’entrée d’un village, sous l’abri
d’un énorme olivier de trente pieds de haut. Nous
étions dans le pays d’Addi Aboune, qui est l’apanage
de l’évêque d’Abyssinie. Divers autres villages, appartenant
au même district, couronnaient les collines
environnantes, et formaient une perspective
charmante. C’étaient, du reste, les premières habitations
que nous rencontrions depuis le plateau de
Debra Sina; dans toutes les plaines que nous avions
traversées, au milieu des sites les plus agréables,
nous n’avions pas aperçu une seule maison : on aurait
dit que nous avions déjà franchi l’extrême limite
du pays où il est mortel d’habiter autre part que sur
les hauteurs. Au bout d’une demi-heure de marche,
nous nous arrêtâmes au village de Daro Tecli pour
y passer la nuit. Nous envoyâmes le soldat d’Oubié,
qui nous accompagnait pour nous faire avoir des logements
, visiter un à un ceux du village, et choisir le