
■ autres par tous les faVans, quoique Volfius l’ait condamnée
comme la plus mauvaife. Le cardinal'de
Montalte , qui parvint enfuite au pontificat, l’avoit
commencée. Comme il portoït le nom de Sixte V.
quand elle parût l’an 1687 , cette édition eft aùfli
connue fous ce même nom. Il commença par recommander
cet Ouvrage à Grégoire XIII. en lui repréfen-
•tant que c’étoit ce qu’ordonnoit un decret du concile
de Trente ; ëc fon avis ayant été fuivi, on en chargea
Antoine Caraffe, favant homme , d’ûne famille
illuftrè d’Italie, qui fut fait enfuite cardinal & bibliothécaire
du pape. Avec l’afliftance de quelques favans
qui tràvailloient fous lui,il acheva cette édition.
On fui vit prefque en tout un ancien manufcrit de
la bibliothèque du Vatican , qui étoit tout en lettres
capitales fans àccens, fans points ëc iàns diftinction
de chapitres ni de verfets. On le croit du tems de S.
Jérôme. Seulement là où il manquoit quelques feuilles
, on fut obligé d’avoir recours à d’autres manuf-
crits, dont les principaux furent, un de Venife de
la bibliothèque du cardinal Beflarion, ëc un autre
'qu’ils firént venir.de la Calabre , qui étoit fi conforme
à celui du Vatican, qu’on croit que l’un eft une
copie de l’autre , ou que tous deux ont été faits fur
le même original.
L’année fuivante on publia à Rome une verfion latine
de cette édition , avec les notes de Flaminius
Nobilius. Morin les imprima toutes deux enfemble à
Paris Fan 162.8. C’eft fur cette édition qu’ont été faites
toutes celles des feptante qu’on a imprimées eh
Angleterre. Celle de bridge'de de la polyglotte de "Walton Londres in-8°. de 1653 -, celle
de 16 57, ëc celle de Cam1665
, où eft la favante préface de l’évêque
PéârfOn ~, & qui nous donne bien plus fidèlement l’édition
de Rome , que celle de 1653., quoique toutes
deux s’en écartent en quelque chofe-.
Mais le plus ancien ëc le meilleur manufcrit des
feptante ,'au jugement de ceux qui Font examiné avec
beaucoup de foin , c’eft l’alexandrin qui eft dans là
bibliothèque du roi d’Angleterre à S. James.Il eft tout
en lettres capitales, fans diftinûion de chapitres $ de
verfets, ni de mots. Ce fut un préfent fait à Charles
I. par Cyrille Luçar, alors patriarche de Conftanti-
nople ; il l’avoit été’ auparavant d’Alexandrie : quand
il quitta ce patriarchat pour celui de Conftantinople,
il y emporta ce manufcrit , & l’envoya enfuite à
Londres par le chevalier Thomas Roe , ambaffadeur
d’Angleterre à la P orte, ëc y mit cette apoftille qui
nous apprend l’hiftoire de ce manufcrit-.
Liber ifle Scripturcz facree n. & v. Teftàm'enti, pYout
ex traditione habemus , eflfcriptus manu Theclæ nobilis
foemincz (égyptien , ante mille & treetntos ahnôs circiter,
paulo pojl concilium Niccenum. Nomen Theclât in fine
ïibri erat exaratum • fed ex'tinclo 'Chrijl 'uinifmo inÆgyp-
ïo à Mahometanis , & libri unà Chrijlianorum injimi-
tern funt redacli conditionem ; extinclum enim eji Thécla
nomen 61 laceratum ; fed memoria & traditio re'cens ob-
ferval.
Cyrillus , patriarcha conJlantinopolitanùsJ
C’ eft-à-dire : « Ce livre qui contient l’Ecriture
» fainte du vieux & du nouveau Teftament, félon qlie
» nous l’apprend la tradition , eft écrit de la propre
» main de Thécla, femme de qualité d’Egypte , qui
» vivoit il y a près de treize cens ans , un peu après
» le concile de Nicée. Le nom de Thécla étoit écrit
» à la fin; mais là religion chrétienne ayant été abolie
» parles Mahométans en Egypte, les livres desChré-
» tiens eurent le même fort. Le nom de Thécla a donc
» été déchiré, mais la mémoire ne s’en eft pas per-
» due, & la tradition s’én eft très-bien confèrvee «.
Cyrille, patriarche de Conftantinople.
Le dofteur Grave, favant pruflien, qui a demeuré
plufieurs années en Angleterre , avoit entrepris de
donner une édition de cette copie, & la reirie Anne
lui faifoit même ime penfion pour cette befogne ; II
en avoit déjà publié deux tomes quand la mort l’empêcha
de mettre au jour les deux autres qui dévoient
achever l’ouvrage. Si quelque habile homme vouloir
bien donner ce refte au public , ëc y prendre autant
de foin que ce dôtteur , nous aurions iine quatrième
édition dzs feptante , qui fefoit affurément approuvée
, ëc regardée déformais comme la meilleure de
toutes; celle de LambertBosn’eft çependantpasmé-
prifable.
Voilà ce que l’Hiftoire noûs met en droit dè dire
de cette ancienne verfion du vieux Teftamènt, ëc
des éditions anciennes ëc modernes qui s’en font faites.
Si quelqu’un eft curieux de voir les difputes ëc
les remarques de critique que cette matière a caufées,
ëc ce qu’en ont écrit les favans, il peut confulter Uf-
ferii fyntagma de groecâ LX X . interprétant verjione.
Monni exercitationes bibliaz I. pars, ëc la préface qu’il
a mife au-devànt de Ton édition des LXX. "Wower ,
de greeca & latina Bibliorum interpretatione ; les Prolégomènes
delà polyglotte de W alton, ck.jx. Voftius,
de LX X . int. l’hiftoire critique du vieux Teftament
de Simon ; l’hiftoire du canon du vieux Teftament
de Dupin ; les Prolégomènes de G rave, mis au-devant
des deux parties des LXX. qu’il a données ; & fur-
tout le favant livre du doéteur Hody , de Biblior.
verfion greec. car c’eft lui qui a le plus approfondi cette
matière, ëc qui Fa le mieux traitée de tous ceux qui
en ont écrit. ( Le chevalier d e J a u c o u r t . )
SEPT-DORS ou Maille de sept d oig t s y terme
dépêché, forte de filet dont on fe fert à l’embouchure
de la Loire pour faire la pêche des faumons & des alo-
fes. Cette pêche commence ordinairement en Février,
ëc dure jufqu’àlafin de Juin. Quelquefois celle
'du faumon commence à la fin de Décembre. Ce filet
eft un de ceux qui font tramaillés, voyc{ T r a m a i l ,
ëC eft le même que l’on nomme alojiere dans la rivière
de Seine. La nappe du flue où. rets de ces traîneaux
eft de trois fortes ; là première forte 2 pouces
5 lignes, la fécondé 2 pouces 4 lignes , & la troi-
fieme 2 pouces 3 lignes. Les hamaux ou hamails ,
que les pécheurs nomment gardes, font aufli de deux
fortes ; les plus grands ont 11 pouces en quarré, ëc
les moindres feùlement 10 pouces 9 lignes..
SEPTEMBRE, {calendrier des Romains.) ce mois,'
le feptieme de l’année romaine, ëc le neuvième de la
nôtrè, étoit fous la proteûion de Vulcain. O n lè
trouvé perfonnifié fous la figuré d’un homme prefque
nud, ayant feulement fur l’épaule une efpece de
manteau qui flotte au gré des vents. Il tient de la
main gauche un lézard attaché par une jambe à une
ficelle. Ce lézard füfpendu en l’air , fe débat alitant
qu’il peut. Aux piés de l’homme font deux cuves ou
Vafes préparés pour la vendange, comme le marquent
les quatre Vers d’Aufone, dont voici le fens :
« Septembre cueille les grappes, c’eft en ce mois que
» les fruits tombent. Il fe divertit à tenir en l’air un
>> lézard attaché par le pié , qui fe démene d’une ma-
» niere agréable ». Les fêtes de ce mois étoient le 5
les dioriyfiaques ou les vendanges , le 4 les jeux romains
pendant 8 joiirs , le 15 les grands jeux circen-
fes voués pendant cinq joiirs , le 20 la naiflànce de
Romulus, le 30 les meditrinales. (D./ .)
SEPTÉM- COLLES y (Littér.') c’ eft ainfi que les
auteurs latins nomment par excellence les fept monticules
ou collines que Rome renferinoit dans fon en;
teinte. Virgile dit :
Septem quee una Jibi tnliro circumdedit arces.
Ces fept anciennes collines de Rome, font le mont
Quirinal, le mont Viminal, le mont Capitolin, lé
mont Efquilin , le mont Palatin , le mont Cælius &
le mont Aventin ; on en ajouta enfuite cinq autres ;
favoir, collis Hortufarum f mons Çitctius, mont teflaceüs,
le Vatican' & le jàôiçute.De ces doufcé côL ;
iines , les deux dernières font fépàréés des autres
par lèTfore. {D . J i) ;
SEPTEMPEDA , ( Gêog. adc. )' ville d’Itàlie dans :
le Picenum , félon Strabon, LV . p. 241. Frontin, qui j
en fait une côlonié romaine, né lui donné que le j
titre ü Oppidum. On voit par une ancienne inferip- j
tïon rècùéiflie par Grufer, p. 308. n°. 3 . qûe Sep- ï
teriipeda étoit un municipé Flani. Pérou. Mùtiiùp. J.
Septemp. & dans une infeription rapportée à la page j
2.84 tz°. 4. on lit : Or do Sepiémpedanorum.Ori veut j
que ce foitaujourd’huiSah-Séverlno. {D . J .)
^ SE PTEbi-FRATRE S , (Géog. anc.) montagne de ;
i’Afriqùé., dans la Mauritanie fingitane. Pfoloméé, !
i. IF. c .j. là nomme Heptadelphus mons, & la place j
fur la côté fépténtfioriàle , entre ExiliJJ'a & Abyla.
On lui donna le nom de Sept-Freres, Septem-fratres,
à caufe qu’elle s’élève eh fept fommets qui paroiflent
de mêmé figufe. Cette montagne domine fur lé détroit
de Gibfaltat. (Z>. J.)
SE P T EM F IR I i epuloHuhi, ( Litterat '.) c’eft*à-dire
les fept maîtres des feftins ; c’étoit fept prêtres nommés
ainfi, ou fimplemeut epülones, & qui étoient età*-
blis à Rome pour régler & arranger les leftifternes ,
ou feftins publics que l’on donnoit aux dieùx dans
des ôccafions importantes. Voÿe^ Epulons. (D . J.)
SEPTENAIRE, adj. ( Gramm. ) qui eft au nombre
de fept. On dit le nombre fepienaire des planètes.
Septénaire, ou Regent septénaire, (Jurifpr.)
eft celui qui à profeffé pendant fept ans dans l’univér-
fité de Paris. , , r
Les règeris feptehaires ont pour lès bénéfices Un privilège
qui confifte eh ce qu’ils font préférés dans les
mois de rigueur à tous les gradués nommés, excepté
aux dofteurs en Théologie, lefquels concourent
avec eux.
Pour jouir dè Ce privilège , les regens fepttnaires
doivent avoir leur quinquènnium.
En cas de concurrence entre plufieurs proféffèürs
feptenaires de différentes facultés, le plus ancien gradué
eft préféré.
Ceux qui ont été principaux d un collegt célébré
& de plein exercice pendant fept années entières, ëc
fans interruption, ont le même privilège.
Le privilège des feptenaires a lieu contre tous les
gradues, mêmé des autres univerfités , & pour des
bénéfices même fitués hors du diocèfe de Paris.
Du refte, comme ce privilège eft contre le droit
commun, il ne reçoit point d’extenfion ; il a cependant
lieu dans les univerfités de Caen & de Reims.
Voye{ lesjlatuts de Cuniverfité de Paris, la pratiqué de
Rebuffe / le traité des bénéfices de D rapier, la déclaration
du 26 janvier iC S o .^A )
SEPTENTRION, f. m. en Aflronomie, c’eft proprement
une conftellation du nord, que l’on appelle
plus ordinairement urfa minor, ou la petite ourfe. Foye[
OurîjE.
Septentrion , en Cofinographie , figmfie la même
chofe que nord, ainfi appelle de 1 ancienne conftellation
ftptentrion. L’étoile polaire eft une étoile de
cette conftellation. F jye^NoRD, Polaire , &c.
Delà eft venu le mot feptentrional ,fcptentrionalisy
pour défigner tout ce qui a rapport àu nord. Comme
les lignes feptentnonaux, les parallèles feptentrio-
naux, &c. font les fignes & les parallèles qui font du
côté de l’équateur vers le nord, cette dénomination
vient de ce que l’on divife la terre en deux hémif-
pheres, terminés par l’équateur ; celui qui eft du cote
du feptentrion s’appelle hémifphere feptentrional, ëc
l’autre hémifphere méridional •* or tout ce qui fe trouve
dans l’un de ces deux hémifpheres, conferVe la dénomination.
Ainfi on dit que Ta latitude feptentrionale
d’un lieu eft à 48°. pour dire que ce lieu fe prouve
dansl’hémifphere feptentrional,ë ç eft éloigné dè 48
degrés de l’éqüatêur, & ainfi du refte, &c. ( Ô )
Septentrion, (Antiq. rom. ) en latin feptentrid;
c’ étoit le nonjflou le fobriquet que Ton donnoit à une
Certaine efpece de mimes ou danfêurs, M. de Caylus
a fait graver d’après un brohze antique , la reprefen-
tation de ces fortes de gens, dont les géftes ëc l ’attitude
paroiflent très-comiquè's. Les éfoecés de caftâ-
gnettes qu’il fient aux mains, ne reffômblent point
du tout aux nôtres; elles fêrvoiént apparemment à
marquer la niefure, & âppuyoient les mouvemens
d’une danfe qui de fa nature devoit être ridicule. Ce
mime eft nud, il n’a qu’une écharpe autour des hanches
, ëc elle eft renouée fur le côte. La ehaufliire n’eft
qu’un fimple chàuffbn qui paroît n’avoir point dé
couture ; la pointe au-deffus du taloîi remonte aflez
haut, & le devant fe rabat fur les cordons qui le
tiennent en état. La dénomination de feptentrion donnée
par les Romains aux mimés OU danfêurs ainfi vêtus
, eft employée dans plufieurs infcripfiohs , nommément
à Antibes, où M. de Caylus a Copié la fuivante
, D, M. Pueri feptentrioUis Aniior. X 11. Qui
Antipollin Theatre BidiuS faltàvit & plaçait. Antiq. dê
M. de Càÿlus , tom. I I.^D . ƒ.)
Septentrion , le , {Gêog. mod. )' l’iin dés quatre
points Càrdihàux. C ’èft celui qui répond fur l’horifon
au pôle boréal, ëc par lequel pafle lé méridien. Ce
mot défigne en Géographie la partie du ciel ëc celle
du globe de la terre qui eft oppofée au midi, ëc qui
fè trouve entre l’équateur ëc le pôle. On a donné â
cettè partie le nom' de feptentrion, ëc celui de feptentrional
à tout ce qui eft tourné de cé côté-là, parce
que les anciens y remarquèrent fept étoiles qu’ils
nommèrent feptem triones. C’eft là même conftellation
que les Aftronomes appellent la petite ourfe, ëc le
péliplë le chatiot de faint Jacques. Comme les mots
nord & feptenttion font fynonymes , Foye^ Nord.
SEPTENTRIONAL j adj. qui eft du feptôntrion*
Ainfi l’on dit le p olé, un ligne,un parallèle,un vent,
un quadfan, &c. feptentrional; l’Amérique feptentrio-
nale, les nations Jeptentrionales.
SEPTERÉE, f. f. ( Gramm, ) qui contient un ef-
pace de terre d’environ un arpent, ou un feptier de
femence.
SËPTÉRIE, ( Antiq. greq. ) ffiniépiov ; fête que les
habitans de Delphes célébroient tous les neuf ans en
mémoire du combat ëc de la vi&oire d’Apollon contre
lé férpènt Python. La tradition difoit que le corn-1
bat d’Apollon contre Python s’étoit pafle à Delphes ;
que le monftre ayant été b lefle, s’enfuit par le chemin
qu’on appelloit facré, jufqueS dahs la vallée de
Tempé ; qu’ Apollon l’y pourfuivit, ëc qu’il le trouva
mort ëc même enterré. Aïx, fils du monftre, lui avoit
rendu cè dernier devoir. Mais voici quelle étoit la
Cérémonie de là fête.
On dréfloit une cabane de feuillages dans la nef du
temple d’Apollon , qui repréfentoit la fombfe de*
meiire de Pythoh* On venoit en filence y donner af*
faut pat la porte qu’on appelloit dolonie ; on y ame-
noit après cela Un jeune gafçon ayant pere ët mere ,
i qui mettoit le feü dans la cabane avec uné torche ardente
î on rertverfoit la table par terré, ëc puis chacun
s’enfuyoit par les portes du temple. Le jeune
garçon fortoit dè la Contrée ; ëc après avoir erré en
divers lieux où il étoit réduit en ferVitude, il arrivoit
ènfin à la vallée de Tempé , où il étoit purifié avec
beaucoup de cérémonies. {D . J.')
SEPTÏCOLLIS, ( Gêog. anc.') nom* que l’on donna
anciennement à la ville de Rome. Romulus qui
d’abofd n’a voit environné de* murs ëc de fofîes que
le mont Pàlatin , y ajouta le mont Tafpeïen lorfque
Titus-Tatius & les fabins de fa fuite , eurent pris le
parti de fè faire citoyens de Rome.Numa étendit encore
la v ille, & y joignit le mot Q uiiihal, où i’oft