
la température, dans cette saison, attirait à Kandahar
les souverains Sudozéhis qui séjournaient à Kaboul
pendant 1 été, ce qui lit que ces deux villes jouirent
d abord l'une et l'autre du titre de capitale, mais
Kandahar le perdit sous le règne de Timour-Châh,
pour avoir soutenu les prétentions au trône du frère
Dans les endroits les plus populeux de la ville, on rencontre des
gens qui racontent des histoires aux promeneurs et aux oisifs, et
des derviches qui font l’éloge du Prophète. Si un boulanger
vient à passer devant ces personnages éminents, ils lui demandent
un gâteau au nom d'un Prophète quelconque. A en juger
par le nombre de ceux qui suivent cette profession, elle doit être
très-prolilable. 11 n’y a pas de voilures à roues dans Kaboul. Les
rues ne sont pas très-étroites et on les tient en bon étal pendant
les temps secs. Çà et là on rencontre quelques aqueducs couverts
où coule uue eau limpide qui est d’une grande ressource
pour la population. Nous parcourûmes les divers quartiers de la
ville sans être trop observés et sans être suivis d’aucun domestique.
Ce que je regardais le plus c’était moins les boutiques
que la population qui allait de çà et de là , couverte de manteaux
faits de peaux de mouton. Chaque individu paraissait
énorme, comme s’il eût porté un nombre extraordinaire de vêtements.
Les enfants ont des joues dont les pommelles sont
rouges comme du rubis : je crus d’abord que ces couleurs
étaient empruntées, mais je compris bientôt que c’était celles
de la jeunesse. En avançant en âge, les gens de Kaboul perdent
ces couleurs. Kaboul est une ville considérable, mais ses constructions
ne sauraient avoir aucune prétention à l’élégance.
Toutes les maisons sont construites de briques séchées au soleil,
il y en a peu qui aient plus de deux étages. La population est
très-nombreuse, et on l’évalue à 60,000 âmes. La rivière de
Kaboul passe au milieu de la ville et l’on rapporte que ses débordements
ont été tels, à trois époques différentes, que l’eau a renversé
des maisons. En temps de pluie, il n’y a pas de ville plus
malpropre que Kaboul.
(Humes Traveis into Bokhara, vol. 1, p. 141 et suiv.)
de ce-dernier, Soleïraan-Mirza, après la mort de leur
père Ahmed-Châh.
La ville de Kandahar est un carré oblong, d’une
farsang environ de développement ; elle est entourée
d'une haute et épaisse muraille en terre protégée par
un fossé peu large mais très-profond. La citadelle
située à l’est de la ville, contient une assez belle
habitation où réside le souverain actuel: ses fortifications
ont été mises en bon état par les Anglais et peuv
e n t braver les attaques d’une armée afghane. On y a
aussi construit de vastes casérnes sur une grande place,
en dehors de la porte de Hérat. Ces casernes étaient
inhabitées, quoique très-bien conservées, en 1845.
L’intérieur de Kandahar n ’a rien de très-remarquable.
Les eaux y circulent abondamment et passent
dans tous les quartiers de la ville. Ce serait là un
avantage inestimable pour ses habitants, s'ils ne s’en
privaient eux-mêmes en souillant cette eau de mille
façons. Un essaim de femmes sont constamment accroupies
sur le bord des ruisseaux et y font la lessive;
les hommes s’y plongent tout habillés pours’allégerdu
trop-plein de leur vermine; on y jette aussi les immondices
de chaque maison et les débris d'animaux
provenant des boucheries. Et pourtant la population se
sert de cette eau sans répugnance pour son alimentation.
La mosquée où se trouve le tombeau d'Ahmed-
Châh, Sudozéhi, est le seul monument un peu remarquable
qui existe dans la ville. Les bazars se composent
de quatre rues couvertes aboutissant toutes à
un rond-point nommé Tchar-Souk, où réside le
chef de la justice et où sont exécutés ses jugements.