
quer, se concentrerait à Hérat, où les approvisionnements
abondent et y seraient transportés à peu de
frais des riches districts de Meïmana, Kalèh-Noouh,
Obèh, etc., etc. Cette armée pourrait y hiverner avant
d’entreprendre un mouvement plus prolongé vers le
Sud. Les fortifications de cette place devraient alors
être complétées, et il serait prudent d’y accumuler
toute espèce d’approvisionnements, de matériel de rechange,
afin d’en faire le magasin général pour les
besoins de l’armée; sa situation centrale entre une
ligne de forteresses partant de Balkh, au Nord, et
passant par Akhtcliè , Andekhouye , Chibberghân,
Meïmana, Kalèh-Noouh, Sebzavar,' Ferrah et Lâch-
Djouï-waine, la rendent tout à fait propre à cette
concentration.
On peut se convaincre par un coup d’oeil jeté sur
la c arte, qu’en suivant les routes indiquées plus
haut, tous les districts du Khorassan, et même
plusieurs de ceux de l’Irak , tels que Damghân et
Tébbès, contribueraient facilement à l’approvisionnement
de l’armée. Les Russes auraient seulement,
pour ne manquer de rien, à s’occuper à l’avance
de la concentration des vivres sur les points où devraient
passer leurs colonnes. Le Châh de Perse se
préoccupe fort peu d’un pareil soin, et pourtant il a
fait de fréquents voyages dans le Khorassan à la tête
d’armées de trente à quarante mille hommes, et il a
toujours trouvé le moyen de les alimenter en décrétant
sur place un impôt extraordinaire en nature. Quand
les paysans attendent le Châh, ils comptent toujours
sur cette avanie et sur le pillage des troupes. Ces
exactions les privent du plus clair de leur avoir, et
pourtant ils n’essayent poiut de s’y soustraire; sur les
grandes lignes de communication, les soldats du Châh
ne manquent jamais de vivres. Si les paysans persans
se montrent si résignés dans cette circonstance,
que ne devrait-on pas attendre d’eux si les Russes
payaient exactement les denrées qu’ils leur fourniraient
? Si l’armée russe voulait gagner Kandahar
par la route de Kach-Djabéràne, Guiranèh, Bakoua,
Wachir et Girishk, qui est habituellement suivie par
les caravanes, la fin de l’hiver ou le commencement
du printemps serait pour elle le moment le plus propice
de quitter Hérat ; elle trouverait partout de l’eau
dans les steppes, à cette époque de l’année, comme
aussi une température douce et un air pur. Pour se
procurer des vivres, on utiliserait les produits de la
province de Hérat, des Khanats de Meïmana, de
Kalèh-Noouh, et même ceux de Chibberghân et
d’Andekhouye, au Nord, si ceux de Nèh-Bindàne, de
Chain et Birdjân, etc., au Sud, ne suffisaient pas.
L’espoir d’un gain modique engagerait certainement
les populations à apporter d’elles-mêmes des
vivres au camp russe. C’est une chance que courent
depuis longtemps ces peuples, malgré le défaut de
sécurité pour eux et pour leurs biens; ils feraient
certainement bien davantage, lorsqu’il y aurait pour
eux protection et bénéfices assurés.
Si certaines circonstances imprévues ne permettaient
pas à l’armée russe de quitter Hérat en temps
opportun, les sources et cours d’eau échelonnés sur
la route désignée plus haut seraient taris; il fau