
jaunie et desséchée par l ’ardeur du soleil. Dans la
matinée, nous rencontrâmes une dizaine de Bé -
loutches qui cherchaient aventure; mais notre nombre
leur imposa et ils se tinrent à distance, se contentant
de nous demander des nouvelles d’une caravane qui
nous suivait de .près, à ce qu’il paraît. Le surlendemain,
nous entendîmes dire, à Lâch, qu’elle avait été
dépouillée à l’endroit même où nous avions vu les
bandits.
Lâch-Djoui-waine. — 6 novembre. — Environ
10 farsangs parcourus en sept heures, en suivant le lac
et en le contournant un peu au Nord, à l’endroit où il
reçoit le Herroud-Roud, dont nous traversâmes le lit à
Koghâ, un quart d’heure au-dessus de son embouchure.
Nos dromadaires avaient de l’eau jusqu’au
ventre seulement, car c’était le moment de l’année
où, utilisée pour les cultures et desséchée par le soleil,
le fleuve en était le moins abondamment pourvu.
Nous laissâmes au loin, à droite, les ' vastes ruines
de Péchaweràne et celles de Lukh, qui ont été
probablement une même ville, reconstruite à distance,
après une première destruction. Assad-
Khan m’assura qu’entre Lukh et Péchaweràne il y
a une source d’eau sulfureuse près du tombeau de
Séyid-Ibkal. Au delà de ces localités se trouve le district
aujourd’hui désert de Cliourab.
Nous arrivâmes de très-bonne heure à Lâch-Djouï-
waine, forteresse située sur la rive droite du Ferrah-
Roud, 7 ou 8 farsangs environ au-dessus de son
embouchure dans le lac. Nous descendîmes chez le
chef du district nommé Salou-Khan, Afghan de la
tribu des Ishakzébis, plus connu sous le titre de
Châh-Péçend-Khan (celui qui plaît au roi), dont
l’avait honoré Châh-Kamràne. Ce Serdar, ainsi que
j’ai déjà èu l’occasion de le dire, était en guerre avec
le chef béloutche Ali-Khan, de Cheïkh-Nassour, et
il avait encore d’autres difficultés sur les bras. Lâch
a été de tout temps une dépendance de la principauté
de Hérat ; cependant Châh-Péçend-Khan refusait de
reconnaître la complète suzeraineté de Yar-Méhémed-
Khan, et il était secrètement encouragé dans cette
demi-révolte par le gouvernement persan, d’un côté,
et, de l’autre, par Kouhendel-Khan, Serdar souverain
du Kandahar, qui, l ’un et l’autre alliés contre le
Vézir-Saheb, avaient le plus grand intérêt à rendre le
chef de Lâch indépendant afin de pouvoir communiquer
entre eux par son' intermédiaire, sans avoir
besoin d’exposer leur correspondance dans le Hérat,
où elle courait grand risque d’être intercepteé.
D’ailleurs le fort de Lâch est la clef qui ouvre la route
stratégique de Perse à Kandahar, en suivant le cours
des rivières, et Kouhendel-Khan, aussi bien que Mé-
hémed-Châh, avec la duplicité habituelle aux Asiatiques,
espéraient se tromper réciproquement et mettre
Saloü-Khan dans leurs intérêts particuliers, au détriment
l’un de l’autre. Toutefois, celui-ci paraissait s’être
plutôt dévoué au Serdar du Kandahar, au frère duquel,
Mir-del-Khan, il avait donné sa fille en mariage.
Son fils aîné, Rassoül-Khan, avait aussi époüsé une nièce
de Kouhendel-Khan ‘. Devant ce mauvais vouloir ma