
Barukzéhis *, au moins jusqu’à ce que ces derniers
soient complètement dans leurs intérêts Miouhendel-
Khan croit les Anglais tellement décidés à s’emparer
de nouveau de Kandahar, que, dans la prévision de
leur retour, il tient toujours prêts, dans les environs
de cette ville, huit cents bêtes de charge avec leurs
conducteurs pour le transporter en Perse lui et sa
famille. Si ses craintes ne se réalisent point, elles
pourront, d’une autre manière, amener la perte de ce
souverain : c a r, se croyant toujours au moment
1 Barukzéhi est le nom de la tribu de Dost-Mohammed et de
Rouhendel-Rhan.
2 Après la mort de Yar-Méhémed, Kouhendel-Rhan envoya
deux expéditions contre Hérat, et ne fut empêché de mettre le
siège devant la ville que par la Perse , qui favorisait le non-,
veau chef, Séyid-Méhémed-Rhan. L’Angleterre, jusqu’ici, n’a
voulu faire sentir sa puissance dans cette question, qu’en obtenant
de la Perse l’engagement formel de ne pas envoyer
d’armée contre Hérat, à moins que cette ville ne soit menacée
du côté de l’Est et que son gouvernement ne demande assistance.
Aujourd’hui une question assez délicate vient de s’élever
à propos de Hérat. Dost-Mohammed ayant occupé Randahar à
la mort de Rouhendel-Rhan,' s’était ensuite avancé contre Hérat
sous le prétexte de venger la mort de son gendre Séyid Méhémed-
Khan sur le maître actuel de cette ville, Méhémed-Youssouf-
Châh. La Perse interprétant celte démonstration comme le cas
prévu dans les traités et qui la relève de ses engagements avec
l’Angleterre, a répondu à la demande de secours qui lui a été
adressée par Méhéined-Youssouf-Châb, et, au moment où nous
écrivons (mai 1856), elle a pris possession de Hérat et marche
sur Randahar. On attend donc une bataille prochaine entre l’armée
persane et les troupes de Dost-Mohammed. — Ed.
On sait que ces prévisions se sont réalisées, et que les événements
survenus ont amené de nouveau l’intervention d’une armée
anglaise dans ces contrées. (Note de l éditeur,)
d’être dépossédé, il pressure impitoyablement ses
sujets pour remplir au plus tôt ses coffres; et comme
il ne paye aucun de ses serviteurs, sauf les chameliers
et les muletiers sur lesquels il compte pour opérer sa
fuite, les plaintes sont générales contre lui.
Quand il fut dépossédé par les Anglais, en 1839,
ceux-ci doublèrent l’impôt. Kouhendel-Khan, à son
retour, le maintint sur le même pied, alléguant que
puisque les Afghans n’avaient fait aucune difficulté
de satisfaire aux exigences des infidèles, ils devaient
s’estimer fort heureux de ne pas être plus fortement
imposés par leur souverain légitime *. L’argument
était au moins spécieux : en effet, les Anglais
payaient exactement les employés indigènes, et il ne
le fait pas; ils avaient décuplé le chiffre de leur solde,
et lui l’a remise sur l’ancien pied ; avec eux les avanies
étaient inconnues, elles sont en permanence
depuis son retour. En s’exagérant le danger, Kouhendel
Khan court à sa perte, et peut-êlre une révolution
intérieure préviendra-t-elle les efforts fails par ses
ennemis du dehors pour le renverser. La moitié de
la population de Kandahar a fui sà tyrannie, et s’il
continue à agir de la sorte, la ville sera bientôt
déserte. 11 a bien, il est vrai, tenté de réprimer l’émi-
gration en faisant arrêter à la frontière ceux qui voui
Les informations de M. Ferrier sont erronées sur ce point,
car la tax e, sous la domination anglaise, était bien inférieure à
celle perçue sous les Serdars. La répartition actuelle, soit en
argent, soit en n a tu re , avait été maintenue sur les vieilles
bases établies par Nader-Châh; mais il avait été remis la moitié
au moins de l’impôt, contre l’entretien, par les Douranis, d’un
corps de deux mille chevaux.^Ed.