
rive orientale de la mer Caspienne, se réunit en
une seule à mi-chemin et se dirige ensuite vers-
Khiva. Cette ville et l’Oxus seront ainsi bientôt
atteints par les Russes ; dès ce moment, il sera impossible
de prévoir où ils s'arrêteront, caria possession de
rOxus est pour eux d’une importance aussi grande
que celle de l’Indus pour les Anglais. C’est l’artère
qui vivifie, en le traversant, ce grand pays tartare inabordable
sur tout son pourtour, enceint par des
steppes et des déserts de sables mouvants. Une fois
maîtres de son cours, il sera facile aux Russes de soumettre
à leur domination les populations riveraines, à
partir de la mer d’Aral jusqu’à Badakhchâne. L’armée
russe remontera sans difficulté l’Oxus avec des bateaux
du pays, jusqu’à deux farsangs de Balkh, où il cesse
seulement d’être navigable. En cela Burnes est une
autorité compétente, et voici une partie de ce qu’il
dit à cet égard :
« Ce qui contribue particulièrement à rendre la
« navigation de ce fleuve facile, c’est la possibilité de
« se procurer dans le pays qu’il traverse des appro-
« visionnements d’espèces diverses et surtout du
o bois. Le nombre des bateaux de l’Oxus est certai-
« nement petit, puisqu’il ne s’élève pas à deux cents;
« mais il serait très-aisé d’y construire une flotte, car
o le bois est fort abondant et se trouve fourni heu-
« reusement par des arbres isolés le long de la
« vallée où coule le fleuve, et non par des forêts
C’est près de la première de ces villes que le capilaine Abbott
faillit être assassiné.—V. AbbotCs Trnveh:
« situées à tel ou tel endroit. La crue des eaux
« n’entraîne ni cèdres ni pins ; les seuls arbres
« que j ’aie vus sur ses rives , indépendamment
« ’du paki, sont le mûrier et le peuplier blanc;
« ce dernier arrive en quantité de HissaràTchardjouï
« en flottant : on s’en sert pour la construction des
« maisons. Dans le cas où il s’agirait d’augmenter
« le nombre des navires du fleuve, les ressources
« immédiates des pays voisins doivent donc être
« mises à profit; elles sont importantes. Le genre de
« construction des bateaux de l’Oxus n’exige aucune
« habileté dans l’architecture navale ; le bois n’est pas
« scié et n’a pas besoin d’attendre pour qu’on le
« façonne, de sorte que l’on peut en tout temps user
« de la plus grande promptitude pour former une
« flottille, soit qu’il s’agisse de naviguer sur le fleuve,
,« soit qu’il faille le traverser, ou y établir un pont.
« Je crois qu’on embarquerait facilement cent cin-
« quante hommes sur chaque bateau de la dimension
« de ceux que j’ai décrits. On ne pourrait faire qu’un
« pont de bateaux, parce que le bois n’est pas assez
« gros pour être employé d’une autre manière ; le
« genêt, comme aussi le tamarisc, si communs sur les
« rives, tiendraient lieu de planches, et donneraient
« le moyen de compléter l’ouvrage.
« Les avantages que présente l’Oxus, tant sous le
« rapport de la politique que sous celui du commerce,
« doivent donc être considérés comme très-grands ;
« les nombreuses facilités que j’ai énumérées dési-
« gnent ce cours d’eau, soit comme un canal pour les
« marchandises, soit comme un chemin pour une