
entre dans des vallées ceintes par e hautes montagnes.
Le Séfid-Rouh reste à gauche. Le pays est peu
peuplé,.mais couvert de taillis et de prairies; la végétation
y est très-puissante. Arrivés près d’un troupeau,
Assad-Khan et ses gens s’emparèrent d’un mouton.
Contrairement à ce que j ’avais vu jusque-là,-le berger
fit de l’opposition, mais elle lui attira plusieurs coups
de .bâton qui le rendirent souple comme un gant. Il
égorgea lui-même la pauvre bête, la vida et l’attacha
sous le ventre du cheval de l’un des hommes de
l’escorte, puis il fit des voeux pour nous et nous assura
de toute sa joie d’avoir fait connaissance avec d’aussi
grands et d’aussi bienveillants personnages. Djèdjè,
où nous arrivâmes dans l’après-midi, est un petit
kalèh où habite le chef; il est entouré de tentes de
nomades Nourzéhis. Il dépend du chef de Hérat et
donne son nom, dans toute la longueur du district, à
la rivière qui, au-dessus, se nomme Sebzavar-Roud,
et au-dessous, Herroud-Roud. Si une autre localité
remplace celle qui existe aujourd’hui, avec un autre
nom, là rivière aussi changera de nom : telle est l’habitude
du pays, et mes lecteurs pourront voir, à ce
sujet, ce que j’ai dit à propos de l’Adreskiân-Roud.
Les femmes de Djèdjè, apprenant qu’un Européen
était campé près de la rivière, y vinrent en foule
pour me demander des médicaments. Je ne pus m’en
débarrasser avec de bonnes raisons et il fallut les
contenter. Je n’avais que des pilules purgatives, et
les mis toutes au même régime, sauf une cependant;
plus tenace que les autres, elle voulait une drogue
particulière pour avoir un enfant. La daine possédait
des appas assez tentateurs et le remède était facile à
appliquer, mais je n’osai le confier moi-même à sa
discrétion et la recommandai à un de mes guides,
nommé Méhémed, dont je lui garantis la capacité en
ce genre ; ils s’égarèrent dans les taillis de tamariscs,
de sorte que j ’ignore si le remède fut donné et porta
ses fruits.
Sebzavar, ou Sebzar.—i'i novembre.—9 farsangs.
Nous traversâmes d’abord la rivière de Djèdjè et
marchâmes ensuite pendant une heure dans les montagnes
et huit autres en plaine, en côtoyant presque
continuellement le Djèdjè-Roud. Le pays était moins
boisé que la veille, mais la population plus, nombreuse.
Sur les côtés de la route, on apercevait plusieurs
villages et des réservoirs d’eau, autour desquels
étaient agglomérées des tentes de nomades. Une demi-
heure avant d’arriver à Sebzavar, à l’extrémité des
montagnes courant de L’Ouest à l’Est, et sur le dernier
chaînon qui s’avance dans lh plaine comme un promontoire,
on voit les ruines assez bien conservées
d’une ville très-vaste,anciennement appelée Sabali. La
citadelle occupait le point culminant et ses murailles
sont encore debout. Cette forteresse se reliait à la
ville, située un peu au-dessous, sur un plateau, par
d ’épaisses murailles flanquées de tours originairement
construites en pierre, mais ensuite réparées
avec des briques en terre séchées au soleil, à mesure
qu’elles se sont détériorées. Les murailles descendaient
dans la plaine et s’arrêtaient sur le bord du
Djèdjè-Roud, qui en défendait les approches du seul
côté où la citadelle fût accessible. Aujourd’hui cette