
peinent plus considérable, mais il est difficile d’admettre
qu’elle ait jamais pu être la grande cité in scrite
sous ce nom sur les différentes cartes d’Asie. Il
en est de même pour la ville désignée sur ces cartes
sous celui d’Iloumdar, qui représente probablement la
tour d’Alem-Dar, dont j ’ai parlé dans la journée précédente.
Douchakh non plus n’est pas une ville >
mais seulement une montagne à deux pics, ce qui lui
a valu ce nom (dou-chakh, deux cornes), et d’où découle
l’eau d’une fontaine au bord de laquelle sont
disséminées quelques rares huttes de roseaux. Cependant
j ’ai remarqué des ruines modernes au pied
même de cette montagne, mais elles pouvaient tout
au plus indiquer une localité de cinquante à soixante
maisons, et il y a loin de ce chiffre à cette grande
agglomération qui a passé jusqu’ici pour la capitale
du Sistan.
Après avoir séjourné une heure à Djellal-Abad ou
Behrami, et réglé le compte de l’impôt de cette localité,
Méhémed-Réza-Khan partit pour Tchelling, petit
village dont les maisons, construites en roseaux, sont
protégées par une grosse tour en terre , pouvant au
besoin servir de forteresse, et dans laquelle nous
couchâmes. Tchelling se trouve à une très-petite distance
du lac, et j ’y vis nourrir des chevaux avec des
poissons séchés et réduits en poudre.
Sékoukèh.—\ ei et 2 novembre.—De Tchelling, nous
atteignîmes en trois heures, en coupant à travers
champs., la forteresse de Dechtak, où Méhémed-
Réza-Khan avait pour lieutenant le Béloutche Dost-
Mohammed-Khan, Norvui, frère d’Abdullah-Khan de
Djellal-Abad. Cette place contient dans son enceinte
environ six cents maisons en roséaux et douze cents
au dehors. Ne serait-ce point là la localité que les
géographes ont désignée sous le nom de Douchakh ?
La ressemblance des noms pourrait le faire supposer.
Dechtak est situé sur les bords de l’Hirmend,
qui est très-profond en cet endroit et a trois cents
mètres au moins de largeur. Nous y restâmes jusqu’à
midi. Les comptes de l’impôt étant terminés
entre les deux chefs, nous remontâmes sur nos
dromadaires. Après avoir traversé la rivière sur un
radeau, nous cheminâmes encore un quart d’heure
au milieu de taillis et de cultures, puis nous entrâmes
en plein désert. A mi-chemin, nous laissâmes
sur la droite un village nommé Dooulet-Abad, où
notre hôte envoya son neveu pour régler l’impôt.
Nous continuâmes ensuite notre marche jusqu’à
Sékoukèh, résidence de Méhémed-Réza-Khan, où nous
arrivâmes dans la soirée.
Cette place est la plus importante et la mieux
défendue du Sistan. La raison en est qu’étant à une
distance de cinq farsangs du lac, on ne trouve d’eau
que dans les puits creusés dans son intérieur; e t,
comme le pays qui l’environne est sablonneux, aride
et dépourvu de tout, les assiégeants ne trouveraient
pas à s’y substanter et mourraient infailliblement de
soif. Elle contient près de douze cents maisons fournissant
chacune un et quelquefois deux combattants.
C’est aujourd’hui la capitale du Sistan ; mais ce titre
peut lui échapper d'un jour à l’autre, si un chef plus
fort ou plus heureux que Méhémed-Réza-Khan, sub