
dahar à mon égard ; il parut surtout blessé du peu
de cas qu'ils avaient fait de sa recommandation. « Ce
« sont tous des kiaffirs (infidèles), me dit-il : Peder
« ichoun mi souzounem (je brûlerai leur père). Un
« envoyé de Kouhendel-Khan à Assaf-Dooulet est
« arrivé ici hier pour se rendre à Meclied ; mais puis-
« que le premier n’a pas voulu te laisser aller plus
« loin que Kandahar, je ne souffrirai pas non plus
« que son envoyé dépasse Hérat, et je le ferai recon-
« duire jusqu’à Kussan : il se dirigera de là par le
« Sistan vers sa destination, si cela lui convient, mais
« il ne traversera pas mes États. *Les précautions
« qu’ils ont prises pour t’empêcher de voir et de
« savoir ce qui se fait là-bas sont stupides. Comment !
« ils traitent tous les affaires publiquement, et sont
« assez bêtes pour croire que les Anglais ne sont pas
c* renseignés sur leurs décisions? Ceux-ci ont occupé
« leur pays pendant deux ans, et le connaissent mieux
« qu’eux; cependant les Serdars en sont encore à
« craindre qu’on en fasse un relevé topographique.
« Si ceci ne prouvait pas suffisamment leur peu d’in-
« telligence, le fait suivant pourrait t’en donner une
« idée. Il y a quinze mois, un jeune homme, origi-
« naire de Rérat et servant mon fils depuis dix ans,
« obtint de nous la permission d’aller régler des uf-
«. faires d’intérêt à Kaboul; il avait la barbe blonde et
« les yeux verts, comme les Anglais. Malheur aux
« voyage.urs se présentant dans les États des Méhé-
« medzéhis avec ces indices, qui dénotent pour eux
« une origine européenne ! Tel fut le cas de mon
« Ilératien : arrêté par suite de la dénonciation de
« Kouhendel-Khan,Dost-Mohammed retint cet homme
« trois mois prisonnier, et me le renvoya ensuite sous
« escorte, en m’invitant à le faire reconduire en Perse,
« et à ne plus permettre à l’avenir que des Frenguis
« pénétrassent dans l’Afghanistan de ce côté. » J’avais
été moi-même en position de juger, pendant mon
séjour à Girishk, des craintes exagérées des Serdars
de Kandahar, car trois ou quatre Asiatiques, soupçonnés
d’être Européens, avaient été arrêtés: en cet
endroit; il m’avait suffi d’un seul coup d'oeil pour reconnaîtra
le contraire : mais, que je manifestasse clairement
mon opinion, quand Méhémed-Sédik-Khan
m’interrogeait à leur égard , c’e n ‘était assez pour
lui faire penser complètement le contraire, et la captivité
de ces malheureux n’en fut que plus longue
encore. Ayant dit au Vézir-Salieb combien l’assistance,
et le dévouement d’Assad-Khan m’avaient été utiles,
il le fit appeler, et le félicita, dans les termes les plus
flatteurs, sur sa conduite. « Tu as bien compris et
«rempli mes intentions, lui dit-il; e t, pour t’en
« prouver mon contentement, je t’accorde tout ce
« que cet Européen m’a demandé pour foi, c’est-à-
« dire les deux chevaux que tu as récemment perdus
« dans la guerre des Téhimounis, le payement des
« cent cinquante ducats qui te sont dus pour tes
« appointements arriérés, plus une gratification de
« cinquante ducats; enfin, la cession d’un cours d’eau
« aux environs du Khach-Roud, pour t’établir avec
« ceux de ta tribu qui ont suivi ta fortune. » Puis il
ajouta à tout cela une robe d’honneur en soie.
Ces générosités, faites à ma demande, me confirmé