
Cette espèce de corne ne tient qu’à la peau. Celles
du rhinocéros bicorne paraissent meme etre toujours
plus ou moins mobiles ; et lorsqu’elle est
fix e , comme dans l ’unicorne , il y a une mucosité
épaisse, interposée entre sa base et l ’os sur lequel
elle est attachée.
L a couleur des cornes dépend , comme dans les
poils, de celle du tissu muqueux. Leur analyse
chimique donne des produits semblables. L a chaleur
les ramollit et les fond même. C’est le moyen
’employé dans les arts pour les faire servir à diffé-
rens usages.
II résulte de cet examen des cornes qu’elles
diff èrent essentiellement des prolongemens osseux
qu’on nomme bois dans le genre des cerfs. Ceux-
ci croissent par leur extrémité libre j ils sont recouverts
par la peau pendant le temps de leur
croissance j ils tombent et se reproduisent a une
certaine époque de l’année. Les autres croissent
par leur base 5 elles ne sont pas recouvertes de la
peau ; elles sont permanentes.
On retrouve plusieurs autres parties cornées dans
les animaux. Telles sont les protubérances de la
tête dans les calaos , la peintade , le casoar, etc.
Ce sont des lames de substance cornée qui revêtent
des sinus osseux dont nous avons déjà parlé,
ou dont nous traiterons, par la suite en faisant
connoître les organes auxquels ils sont destinés. H
en sera de même de la corne qui recouvre les
mâchoires des oiseaux et de plusieurs reptilesj
des aiguillons de l’aile et des ergots des tarses. Au
reste la forme de ces parties est plus du ressort
de la zoologie ordinaire que de celui de l ’anatomie.
4°. Des ongles.
On nomme ainsi les prolongemens cornés qui
arment et protègent l’extrémité des doigts dans les
mammifères , les oiseaux et les reptiles. Ils sont,
le plus souvent, en même nombre que les doigts
et leur forme , ainsi que nous l’avons indiqué dans
l’article de la division des extrémités, paroît dépendre
de celle de la dernière phalange. Us sont ,
pour ainsi dire , à ces phalanges , ce que les cornes
creuses sont aux proéminences du frontal qu’elles
revêtent.
Les ongles sont comme enchâssés dans une
duplicature de la peau. On nomme racine la
partie qui est recouverte par la peau. C’est par
cette portion qu’ils acquièrent leur accroissement
absolument comme les poils ; mais ils s’usent a 1 extrémité
opposée par le frottement sur le sol et par
les autres usages auxquels l ’animal les emploie.
Aussi leur voit-on prendre un accroissement excessif
dans les animaux qu’on tient en captivité,
en leur laissant peu de mouvemens.
Il n’y a de sensible dans l’ongle que la partie
qui adhère à la peau. Celle qui est libre peut être
coupée ou déchirée sans occasionner aucune douleur.
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