
qui contenait autrefois cinq ou six cents ames,
en compte à peine trois cents, distribuées en quarante
familles. Autant que j’ai pu en juger, les
habitans de cette ville sont apathiques, souffreteux
, faineans, restant confinés chez eux jusqu’à
une ou deux heures après le lever du soleil, et ne
cultivant la terre que pour en obtenir tout juste
ce qu’il leur faut pour ne pas mourir de faim. Les
hommes et les femmes, ces dernières sur-tout,
se graissent la chevelure et le corps. Dans le Ba-
râbrah, les hommes sortent presque nus; ici, au
contraire, ce sont les femmes. Généralement les
premiers sont couverts d’une chemise {voy. vol. I,
pl. IV du texte) ; les femmes n’ont jamais qu’un
morceau de toile, dont un bout est porté en
trousse à la ceinture, et le reste se drappe sur les
épaules et autour du corps {voy. pl. V); quelquefois
, sur-tout dans leur ménage, elles suppriment
cette dernière partie de, leur ajustement.
Celles qui sont aisées ont des bracelets d’argent
ou d’ivoire, souvent même en cuir garni de quelques
boutons d argent ou d’étain : elles portent
quelquefois des ornemens de la même forme au
bas des jambes. Leur cou et leur chevelure sont
aussi parés d’ouvrages en verroterie et de petites
plaques d’argent. Les pauvres femmes se contentent
de bracelets de bois ou de verre. II est du
bon ton, pour les premières, d’avoir les ongles
longs et teints en rouge. Des sandales en cuir,
comme celles des anciens, sont la chaussure des
habitans des deux sexes : leur nourriture ne diffère
pas de celle des autres Arabes. Ici, comme
dans les provinces inférieures, on fait du vin de
dattes, appelé en arabe nébite; cette boisson,
quoique doucereuse, acquiert de la force par la
fermentation et n’est pas désagréable. Le dialecte
diffère de celui de la basse Nubie, mais pas assez
pour empêcher les naturels des deux pays de se
comprendre entre eux : j’ai rapporté, à la fin du
volume , des mots de ce dialecte. A Dongoïah,
on nomme Barâbrahs ceux qui habitent les bords
du Nil. A quelque distance du fleuve, dans des
contrées boisées et couvertes de végétaux , habitent
des Arabes nomades : il y en a beaucoup
dans le Dongoïah. Depuis l’invasion des mam-
louks, les gens du pays avaient cessé de payer
> urt tribut au Sennâr; les Chaykyés s’en étaient
déjà affranchis depuis long-temps.
Les productions du sol sont ici les mêmes que
dans les régions inférieures ; mais il y a peu de
dattiers : de grands acacias et des nebkas y végètent
en abondance ; l’asclépias, qui y est très