
F l. X I I I ,
Fig. i ÔC
1 1 6 A rchitecture H ydraulique , L iv r e I , .
le remplie : les ouvriers la battent lit par lit à la demoifelle, tant
qu’on l'oit parvenu environ à deux pieds au-deflus du niveau de
l ’eau extérieure ; ôc plus haut encore, li c’eft dans la mer, de
crainte qu’étant agitée elle ne pafle au-deffus.
Fig. 4 Sc
6.
Defcription
du batardeau
qui a Jervi a
la conftruction
de l ’éclufe de
Gravelines t
en i6<)Ç),
22.1. Quand les batardeaux le font par encaiffement SC avec
de bonne terre, il n’eft pas néceffaîre de leur donner autant d’é-
paifleur que dans le premier cas ; il fuffit alors qu’elle foit égale
aux deux tiers de la hauteur de l’eau qu’ils doivent foutenir.
La première ôc la fécondé Figure de la Planche X I I I repré-
Tentent le profil Sc le plan d’uni batardeau fait par encadrement ;
elles font alfez intelligibles pour ne pas m’y arrêter. Je dirai feulement
que lorfqu’un batardeau menace de fe renverfer d’un
côté, parce que les entretoifes manquent à leur mentonnet, ou
que les pilots s’inclinent, faute de leur avoir donné alfez de fiche,
ou enfin parce qu’il fe fera fait des fouilles capables de les déraciner,
on contre-butte les batardeaux par des arcs-boutans répétés
autant que la nécelfité l’exige, en fuivant l’alfcmblage des pièces
que l’on voit ici repréfentées fur la gauche du profil.
Après avoir enfoncé les pieux A , on les coëffe chacun d une
c le fC , liée par des boulons à l’entretoifeE, qu’on fuppofe faire
mentonnet fur le pilot F , comme fur la lierne G. Au pied du
pieu A l’on attache une chantignole B , avec un boulon accompagné
de fa rondelle 6c de fa clavette. Cette chantignole fert à
foutenir une contre-fiche D , échancrée pour butter la lierne G $
6c pour fixer cette contre-fiche par te bas, on lui attache de part
ôc d’autre deux joues de planches H qui cmbralfent le pieu.
Les Figures 4 ôc 6 comprennent le plan 6c le profil d’un
autre batardeau exécuté fur les deffeins de M. Clement en 1699,
pour la conftru&ion de la grande éclufe de Gravelines ; en voici
le détail, dont l’application pourra avoir lieu à l’établiflèment
deséclufes, 6c dansplufieurs autres cas appartenais aux ouvrages
hydrauliques, en y faifant les changemens que l’on jugera à
propos, . •
Cet ouvrage formoit par fon circuit une efpece de chafiis,
beaucoup plus grand que la capacité que devoit comprendre la
fondation de l’éclufe avec fes faux radiers, afin d’avoir autour
alfez d’efpace pour la manoeuvre des ouvriers, 6C pour placer
commodément les machines nécelfaires à l’épuifement des eaux ;
à quoi il eft très-important de prendre garde, pour 11e point fe
loger trop à l’étroit.
Ce batardeau a été formé avec les terres du déblai qu’il a fallu
Chap. VI. De la construction d e s b a ta rd eau x . 127
creufer pour aflfeoir l’éclufe, parce qu’elles fe font trouvées paf- P l .X II I ,
fablement bonnes; cependant comme d’un côté il devoit fou- Fig. 4 6c
tenir les eaux de la mer, toujours fort redoutables, 6c de l’autre 6.
celles de la riviere d’A a , on l’a fait plus fôlide en un endroit
qu’à l’autre, félon la réfiftance qu’il avoit à oppofer.
12 2 . On faura que les plus forces marées de vives eaux pou- De quelle
Vfint monter de 1 1 pieds au-deffus de la bafe du batardeau, on lui ce
en a donné 2 2 de largeur. A cette diftance on a enfoncé deux files itou confirait
de pilots A , de 1 o fur 1 1 pouces d’équarriffage,ayant environ 24 du ijj&Sfl
pieds de hauteur, dont un tiers s’eft trouvé enterré, en donnant à mr‘ ‘
tous les pilots une inclinaifon uniforme, réglée de maniéré qu’ils
eulfent pour talud un quart de leur hauteur, afin de former un
plan incliné contre les houles de la mer. Ces pilots ont été plantés
à 3 pieds de diftance de milieu en milieu, 6c entretenus d’alignement
avec des liernes B , de 8 6c 10 pouces d’équarrillàge, liées
enfemble par des entretoifes C de 14 pieds de longueur , fur 9 8c
10 pouces de groffeur, pofées horifontalement de 6 pieds en 6
pieds, 6c chacune foutenue dans le milieu par un pilot D aflim-
blé avec tenons 6c mortoifes. L ’intérieur du batardeau a été en-
fuitecoffré avec des planches E pofées de champ, ayant 2 pouces
d’épailfeur ; au furplus le tout bien lié avec des harpons, boulons-
6c clavettes de fer. Ce coffre a été rempli de terre battue à la
demoifelle, élevée jufqu’à 5 ou 6 pieds au-deflùs des plus fortes
marées de vives eaux, pour empêcher que dans un gros tems les
Vagues ne pafTaffent par deffus.
Quelque bien entendu que foit ce batardeau, il ne paroît pas
que les pilots inclinés puiifent être fufceptibles de recevoir un-
Vanage de planches pofées de champ, qu’autant qu’on pourra les
placer à fcc à mefure qu’on élevera les terres, autrement les
ouvriers ne pourroient jamais les ranger au fond de l’eau , 8c
encore moins les mettre en fiche ; c’eft pourquoi fi l’on n’a point
cet avantage, il faudra planter les pilots perpendiculairement,.
8c fe conformer à l’article 219,
223» Il fe fait quelquefois des batardeaux par gradins ou caf- ConfiruiiUs
cades, comme on le voit au profil que repréfente la troifieme d‘ s b*,CT~
Figure, qui montre que ce batardeau eft compofé de plufisurs' cefeade“ ou
files de petits pilots plantés environ à 3 ou 4 pieds l’un de l ’autre, gredins.
chacun entretenu par des liernes. Les deux premières rangées Fig. 3.
A H , & B I , qui renferment le corps du batardeau, fe foutien-
nent quelquefois par des clefs E , C, .D, liées à d’autres pilots F G ,
plantés exprès pour cela, ôc arc-boutés par des contre-fiches X Y .