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tantôt d’un côté 6c tantôt de l’autre, en fe fervant de l’ingénieufe'
P jl.L II. machine queM. Caftin a fait conftruire autrefois au Havre, dont
on trouvera la defeription dans le fécond volume. D’ailleurs,,
que ne doit-on point attendre de la capacité 6c de l’expérience
des Ingénieurs de cette place, eux qui connoiffènt mieux que per-
fonne la néceffité de tout ce que je viens d’expoler- Le fuccès n’en:
fauroit être douteux, puifque M. le Gloutier, Ingénieur en chef
de F écam p , vient d’en faire l’expérience la plus avantageufe. Le'
port de cette place étoit entièrement barré ; en fuivant la méthode
que je viens d’enfeigner, êc que je tiens de lui, il l’a de-;
bouché en très-peu de tems,. par le bon Sc continuel ufage qu’il
a fait des éclufes, dont on avoir peut-être négligé de fe fervir-'
avant lui auffi fréquemment qu’il l’aurait fallu.
le chinalik 541, Au relie on ne doit pas fe flatter qu’on parvienne à ré-;
Jt r fr lt ltn “ tablir le chénal du Havre dans là vraie direction, fi l’on ne rai-
gu en uppro- lemble enmême tems la plus grande abondance d’eau qu’il eft:
fo ^ fd ê u “ P°®t>le pour le bon effet des éclufes- Elles ne fauroient jouer'
place, & en trop fouvent pour l’approfondir fucceffivement, & jetter au loin!
faifant ufage ]e galet à mefure que les marées en dépoferont de nouveau
Jé Harfleur. comme on a fait à Fécamp: On y a vu les éclufes-agiflant pen--
dant 6 heures , en emporter des amas de 6 pieds de hauteur
affemblés-après une tempête- Je répéterai encore que les feuls»
moyens d’y parvenir, font de ereufer tous les foliés auffi bas que'
le radier des éclufes,.8e de rétablir le canal de Harfleur à-fa vé--
ritable dellination, en nettoyant la partie qui a befoin de l’être..
On peut encore le rendre d’un meilleur ufage qu’il ne l’étoit au--
trefois, en y failant palier toutes les eaux de la Lézardé, com--
pofée de la réunion des rivières de G ou rna y 8c de M o n tiv ille r,.
ce canal n’étant éloigné de la Lézarde que d’environ 12, toifes à?
l’endroit Y qu’il faudra couper; au lieu qu’aujourd’hui cette rivière'
va en pure perte fe jetter dans la Seine. Comme les digues de ce’
canal font en bon état , avec une médiocre dëpcnfe on pourroif
le rendre capable de devenir lui-même un’vafte réfervoir, que.’
la mer remplirait lorfque les eaux de la riviere ne feroient point-
allez abondantes pour fuffire à la conlommation des éclufes.-
Remarque fur 543. Il paraît d’autant plus, eflèntiel de ne rien épargner pour'
Jiauvaiferade mectre port du Havre en bon état, que tout le monde fait'
du Havre. que la rade en eft fort mauvaife, fon fond étant compofé de tuf
où l’ancre ne peut tenir. Il eft: d’ailleurs rempli de ce que les>
marins appellent h au t fo n d , compofé ici de petits bancs de fable?
que la rivière de Seine, dépofe dans le tems de la balle mer ; aiufi-
Chap. PM Sur des Éclüsés fermées par des vannes. 389
les ancres ne pouvant foutenir la violence des courants 8c des
coups de vent, qui font ordinaires dans les nouvelles 8c les
pleines lunes, les vaiflTeaux qui fe trouvent alors dans cette rade
font en danger d’aller périr à l’embouchure de la Seine ou contre
la côte, faute de pouvoir entrer dans le port.
C H A P I T R E VI .
D es Eclufes fermées p a r des vannes.
N’A y a n t parlé que fort fuperficiellement de l’ufage des
Vannes pour retenir les eaux, afin de ne les lâcher que félon
la néceffité, je vais examiner dans ce chapitre tout ce qui
peut leur appartenir. Sur quoi ne trouve-t-on point matière à
Eaifonner, quand On veut prendre la peine d’examiner lés chofes-
de près ? On eft étonné d’appercevoir que les; plus communes-
font quelquefois celles qui méritent le plus d’attention pour être
exécutées comme il faut : c’eft le cas où fe trouvent les vannes-
confidérées- avec leurs agrès. Pour commencer par ce qu’elles
offrent de plus fimple, je vais décrire l’éclufe que repréfente la
PI. LUI, exécutée fur Y E Jc a u t à la citadelle de V alen cien n es, 8c
fervant à former la grande inondation ; ainfi elle donnera un
exemple pour un cas pareil, indépendamment des autres ufages-
qu’on en peut faire quand on voudra foutenir les eaux d’une riviere,
dans-le deffèin de les aflùjettir à faire tourner des roues de
moulins propres au befoin de la vie, ou à mouvoir les inftrumens-
d’une manufacture.-
544. Après tout cé que j’ai enfeigné fur la maniéré de fonder' Defcriptiorp
les grandes éclufes-à l’ufage des ports de mer, il eft à préfumer i ’uneiclufe
qu'un leéteur attentif ne fera pas embarraffe pour établir celles
dont il s’agit préfentement ; c’eft pourquoi je ne m’y arrête Valenciennes,.
point. Les motifs de précaution font les mêmes-, eu égard r .. , , . 1 / • \ 1 0 r à• la mpreor pdrees* fmaro-n -' qualité du terreur, au bon emploi des matériaux a la polition dations.
des files de palplanches, à l’endroit de la retenue des eaux , 8c à
tout' ce que l’on doit obferver pour la folidité de l’ouvrage, principalement
des vrais 8c des faux radiers, afinqu’ils-fe foudennenc’
Ibng-tems contre l’impétuofité du courant-
Cela fuppofé, on verra fur la Planche dont il s’agit, que la
largeur de l’Efcaut à l’endroit de l’éclufe,a-été réduite à 63 pieds