
Maniéré de
construire les
faux radiers,
en commençant
par un
conroi de glai-
fe recouvert
de plufieurs
lits de fa fe ines
arrêtées
par un tunage.
Détail fu r ce
fu jtt.
îo4 A rchitecture H yd rau l iq u e , L iv r e I ,
3 1 J. Après avoir arrafé le fond, on établit deiïùs’un lit de
glaife de la meilleure qualité, de 1 epaiffeur de 1 7 3 1 8 pouces„
bien conroyce, battue à la dcmoifclle fur toute l'étendue £c
liée avec le conroi qu’on a dû appliquer contre les files de pal-
planches qui terminent l’éclufe.
. Sur ce lit on en pofe un autre de fafeines plates de fept à huit
pieds de longueur, plus greffes à un bout qu’à l’autre ; compos
e s de toutes fortes de petits bois verts de 5 à 6 ans de coupe „
chacune de ces fafeines fortifiée de deux gros bâtons d’environ
un pouce Sc demi de diamètre Se de 3 a 6 pieds de longueur,
régnant le long de chaque face oppofée, le tout lié par 4 harts,
pofées à égale diftance. La première, qui répond au gros bout,,
doit avoir environ 24 pouces de circonférence, Sc la quatrième:
éloignée de 6 pieds de la précédente-, à peu près 1 5 pouces..
Ces fafeines s’étendent dans la direétion de l’eau, on en mul-
t.plie les couches de maniéré qu’elles forment enfemble un lit
de 18 à 20 pouces d’épaifTeur, félon la profondeur dont on peut
difpofer ; obfervant que la partie la plus èpaiffe des unes couvre,,
fur la longueur d’un tiers ou d’un quart, la partie la plus foiblo
des autres.
Pour les fixer Sc les entretenir enfembîe, on fait un tunage’
qui les traverfe avec des piquets bien droits Sc des verges ou
brins de chene, frene,Taule, ou aulne , de ir© à 1.2 pieds de longueur
& d’un pouce de diamètre au gros bout.
Les piquets-font de deux fortes, pour la commodité du travail^;
les grands doivent avoir 6 pieds de longueur fu-r environ 2 pouces
& demi de diamètre au gros bout ; les petits fe font de 4 pieds*
nir deux pouces de diamètre ; on peu-GÜes faire de toutes fortes*
de bois, excepte celui d’aulne & de fauée, qui font trop fujets à:
fe fendre fous les coups de maillet.
Toutes les tunes fe font parallèlement à trois pieds de diftance*
lés unes des autres- Apres avoir planté des rangées de piquets-
qui ont entr eux deux a deux pieds.Sc demi d’intervalle, ora les
entrelafle avec les brins ou verges qui fe croifent autour, en les-
frappant avec le maillet pour les ferrer les unes contre les autres^,
afin d afraifïcr autant qu’il eft poffible le lit de fafeinage. Il entre
dans la hauteur de chaque tune 1 1 , 1 2 ou 13 brins , formant
une efpece de petite cloifon d’environ un pied de hauteur. Pour
. re ce travail comme il faut, il eft efïentiel que les fafeines,,
piquets Sc verges, ayent été coupés dans l’a nnée Se en bonne fai-
fon,&depofecs tout de fuite dans des magafins couverts,,d’où ons
C hap. X . D e la construction des faux R a d ie r s , 205
ne les doit tirer qu’à mefure qu’ils feront employés, pour empêcher
qu’ils ne fe lèchent.
326. Les intervalles que lestunes lailîènt entr’elles fe remplif- Maître de
fent enfuite avec des pierres plates des plus dures, polées de difpofer Us
chîffnp les unes contre les autres, ferrées à force par des piquets de
frappés à grands coups de maillet dans les vuides que leurs joints fafeines doit
peuvent laiff’er, afin que la violence du courant ne puiffe'point Uretetouyert.,
les déranger. On peut voir la nailTance 8e les progrès de l’ouvrage
dont nous parlons, fur les planches X IX , XX.Sc X X I , exprimés
au(fi naturellement qu’il eft poffible.
Voilà à quoi fe réduit la conftruétion des faux radiers ordinaires,
donc l’épaifleur des lits de glaife, de fafeinage Sc du pavé
fe réglé fur la profondeur où l’on pourra établir le tout ; enforte
que le bord de la furface du dernier plancher de l’éclufe fe trouve
de deux ou trois pouces fupérieur à celui du faux radier.
327. Pour peu que l’on réfléchilîè fur la conftruétion précé- Remarque fur
dente, on conviendra qu’elle a été fort heureufement imaginée, Us avantages
Sc que dans fa fimplicité elle eft préférable à un malîîf qui ne * u confruc-
compoleroit qu un leul corps, car il s agit ici de relater a trois te.
fortes d’attaques de là part de l’eau ; premièrement, à celle des
courans qui peuvent fe former fur le fond, Sc qui venant à fe
fortifier de plus en plus, pourroient détruire tout l’ouvrage. Secondement
, contre l’impétuolité d’une mer qui a flux 8c reflux ;
toutes les fois qu’après s’être retirée elle a laillé à fec la partie de
l ’éclufe qui la regarde, de là elle vient à remonter en pouffant
avec violence fes flots vers l’éclufe, dont l’action horifontale
ne manqueroie pas de fapper les corps fur lefquels ils auroient
prife. Troifiemement, de la part de l ’eau de la retenue lorfqu’ôri
vient à la lâcher, qui entraîneroit avec elle tout ce qui s;oppo-
feroit à fon paflage, fi agiflant comme elle fait de haut en bas.
félon une direction oblique, on lui laifloit l’avantage de creufer
le fond qu’elle vient choquer. Ce font ces trois inconvéniensqu’il
faut donc faire en forte d’éviter, 8c que l’on fauve quand les faux,
radiers font conftruits avec foin.
La glaife par laquelle nous avons commencé , eft dé toutes
lès matières celle qui fe lie le mieux avec le fond du terrèin, de
quelque nature qu’il foit ; parce que de même que la cire, elle'
fe prête fans fe défunir à la figure des corps quelle reçoit dans,
fon fein à mefure qu’on la bat, Sc s’incorpore de maniéré à ne’
plus laiiïèr d’intervalle à l’eau, qui ne fait que glifler fans pourvoir
la pénétrer..