
P l . X X I .
D fc'iptïon
àTune maniéré
de po'tefîngu-
liere employée
anciennement
à l\clüfé de
Berguês.
P l AMC. ,
X X V I I I ,
Fig- i &
2 3 6 A r c h it e c t u r e H y d r a u l iq u e , L i v r e I ,
cons, bien loin de foulager le poids du venteau, ne feroient que
l’augmenter au délavantage de Ton chaflîs, parce que les points
d’appui L ne porteront plus rien , quand la direétion L Q approchera
fort d’être parallèle aux entretoifes. Mais auffi il faut prendre
garde qu’en voulant rendre la direction des bracons trop approchante
delà verticale, on ne tombe dans l’inconvénient de-
ne point donner allez d’alliette aux tenons des contre-fiches, qui1
répondront aux points d’appui L ; c’cft pourquoi l’angle de 36
degrés eft celui qui m’a paru convenir. Suppofant qu’on aura,
d’ailleurs l’attention de ménager des embrevemens 8c renforts aux
endroits où l’on en fentira la néceffité; car on doit toujours fe
propofer un aflèmblage fi bien entendu, que toutes les pièces
puiflent en quelque forte fe foutenir d’elles mêmes fans le fccours
des ferrures, qu’on ne doit regarder que comme un avantage de
furérogation. Il ne faut point perdre de vue que toutes les pièces
dont le principal appui ne répond point aux poteaux tourillons,
ne font qu’augmenter la charge, 8c ne contribuent que foiblc-
ment à la folidité des portes. Tel eft, par exemple, la file des bracons
MN, dont l’appui M porte à faux. De quelque maniéré qu’on,
puifle les confidérer, ils ne fervent guere ici qu’à faire nombre ,
au lieu que ceux qui partagent diagonalement le venteau, fou-
tiennent autant bien qu’il eft poffible les quatre premières entre-'
toifes, par confequent le poteau bufqué I , qui fe trouve par-là
en état de partager le poids des trois autres fuivantes..
Faute de pareilles attentions , de fort habiles gens ont fait
des portes d’éclufe dont l’ademblage choque du premier coup
d’oeil; ce qui montre bien, que les chofes les plus (impies ne
font pas toujours celles qu’on exécute’ le mieux, quand on n’eft
point guidé par les principes lumineux de la méchanique, comme
On en va juger par l’exemple fuivant.
373. Avant que l’on fit ufage des portes tournantes, on en
voyoit d’aflèz fingulieres à l’éclufe de Bergues, du côté du pays,,
fervant à curer le port de Dunkerque ; la première 8c là fécondé
figures de la planche X X V I I I repréfentenc l’élévation 8c le plan
d’un venteau A V R E , dans lequel-il y en avoir un autre FH G I
renfermé dans un chaflîs formé en partie par les poteaux A , B
8c les entretoifes D , E du premier. Ce fécond venteau, qui
avoir la pièce F pour poteau tourillon, s-’ouvroit du côté de la
mer, 8c le premier du côté du pays. Quand tous lesdeuxétoient
fermés , le fécond s’appuyoit vers fon extrémité G contre un
valet X S T Q Y que portoit le poteau B ; ce valet étoit alors:
C h a p . X I II . D es p o r t e s po u r l e s É c lu s e s . 237
accroché par l’extrémité X de fa branche X Y à l’encretoife V»
ce qui s’ajuftoit quand l’eau du canal de Bergues fe trouvoit à fa
plus grande hauteur. Mais auffi-tôt que la mer étoit baffe, on
décrochoit les valets, qui venoient s’appliquer dos à dos dans
l ’alignement du poinçon ; alors les petits venteaux poufiTés par la
charge s’ouvroient fubitement, s’alloient ranger contre les ba-
ioyers, 8c l’eau s’échappoit avec impéruofité par les ouvertures
pratiquées dans les grands qui reftoient fermés , excepté dans le
tems du paffàge des bateaux. Mon but, en rapportant ceci,eft de
montrer le peu d’intelligence de ceux qui ont fait conftruire cette
porte. En effet,peut-on rien de plus mal entendu que la pofition
des bracons N , qui ne contribuent en aucune façon au foulage-
ment du poteau bufqué G , chargé feul de la moitié du poids de
toute la porte FH G I , qui n’auroit jamais pu fe foutenir avec un
alîemblage auffi défectueux. 8c les fécondés qu elle devoit efiùyer,
fans toutes les ferrures qu’on y a employées, 8c le chaperon qui
faifoir un contrepoids de 10 pieds de longueur ? Cependant je
ne doute point que dans (on tems , cette porte n’aiteufes admirateurs,
& que celui qui en a donné ledefïein n’ait été applaudi;
tant il eft aifé de confondre le mauvais avec le bon.
3 74. II n’eft pas néceflâire de remonter aux tems éloignés pour Remarque fu t
voir ce défaut. On en trouve des exemples récens dans quelques- ld "lauva‘f i
uns de nos ports ; en ayant fait 1 oblervation à ceux qui y avoient bracons aux
eu part, ils ont prétendu 1-excufer, en difant qu’ils en avoient eienteanx de
ufé de la forte pour ne point affaiblir les entretoifes, par des
mortoifes directement oppofées: mais cette rai fon ne peut prévaloir
fur les précédentes; puifqu’en ménageant bien les embre-
vemens 8c les renforts , on peut faire les tenons très-courts, parce
que quand les bracons feront encadrés du côté du bordage afin
qu’ils les contiennent ferrés, 011 ne voit pas la néceffité de les-
cheviller, leur fituadon ne les mettant point dans le cas de
manquer par les extrémités comme les autres pièces,-
Les quatre pièces qui compofent le chaflîs de chaque venteàü
des portes en général, c’eft-à-dire les poteaux tourillons 8c buf-
qués, & les entretoifes d’en haut 5t d’en bas , fe font ordinairement
de même épaiflèur; c’eft ce que nous fuppoferons ici. Il y
a cependant des perfonnes qui veulent qu’on fafle le poteau but
que un pcuplus foible que ceux des tourillons, afin de diminuer
la charge ; mais- je crois qu’il y auroit de l’inconvénient d’en ufer
ainfi , ce poteau fe trouvant allez afroibli par la fuppreflion du
bois que caufe le chamfrein, qui ne laide plus que ce qu’il en feue