
1 1 o A r c h it e c t u r e H y d r a u l iq u e , L i v r e I ,
1 6 hommes fuffifent pour élever le même mouton de 800 livres»
chacun fe trouvant alors en état de fournir un poids de 50 livres..
Il relie à montrer de quelle maniéré il faut conltruire la fon-
nette, pour fupprimer les poulies êc leur fubftituer la roue.
P l .V I I I , Si l’on confidere la Figure Z , on y verra le plan & ,1c profil
Fig. Z. de ce qu’il convient de changer à cette machine, pour la rendre
fufceptible de l’avantage précédent ; comme ce changement n’a
lieu qu’au fommet, je n’ai rapporté que ce qui pouvoit en faciliter
rintelligep.ee. A marque les deux montans à coulifle, couronnés
d’un chapeau B. Chacun de ces montans eft alTemolé a
un lien D C , pofé horifontalement à 3 pieds au-deflous du chapeau
B. Ces liens font attachés enfemble par une entretoife K ,
foutenue du rancher G , qui fe trouve dilpofé de maniéré à ne
plus faire obftacle à l’emplacement de la roue E F , laquelle a fon
moyeu enfilé d’un effieu de fer quarré, dont les extrémités, qui
fervent de tourillons, jouent fur leur pallier D par le mouvement
de la roue, d’une maniéré plus folide que fi elle n’étoit point
unie avec l’effieu. Cette roue, que je fuppofe de 4 pieds & demi
de diamètre, mefuré dans le fond du canal, écarte des montans
A , d’environ 3 pieds, la.corde F I répondant aux brins où font
appliqués, les hommes qui font agir le mouton, ce qui leur donne
de l’aifance pour fe placer à la ronde, & tirer plus parallèlement
à l’autre bout E H , auquel répond le mouton ; d’autant mieux
que le rancher G ne faifant plus obftacle, les 1 6 hommes fe
trouvent réunis à une feule corde, Sc non plus partagés en deux
bandes féparées, dont l’action ne peut jamais être parfaitement
d’accord.
Un autre avantage que l’on tire encore de (jette roue, eft de
n’avoir qu’un mouvement de balancier, fur environ un ciers de
fa circonférence, pour chaque pereuffion , qui en devient plus
vive par l'accélération que le mouton acquiert, au lieu que la
poulie , à caufe de la petiteflfe de fon diamètre, fait à peu près
deux révolutions quand le mouton monte ou retombe, ce qui
caufe plus de réfiftance de la part de la roideur des cordes, comme
nous l’avons démontré dans la première partie de cet Ouvrage,
article 308. A quoi l’on peut ajouter que les mêmes cordes ne
s’ufent point fi-tôt avec la roue qu’avec la poulie , puifqu’on a
éprouvé qu’à travail égal une feule duroit autant avec la première
, que trois ou quatre avec la fécondé.
M. P o llart, Infpeéteur général des ponts Sc chauflees de
France, ayant fait rectifier de la forte les fonnettes dont il s’eft
Ç hap. VI. D es machines pour enfoncer les p ilo ts , i i i
fervi pour la conftruélion du pont de Poiffy fur Seine en 174 7,
il s’en cl! fi bien trouvé, qu’il a réduit à 16 hommes les brigades
de 20 qu’il falloit auparavant pour faire jouer le même mouton •
économie dont les gens du métier fentiront aflez toute la con-
féquence. .D’ailleurs ce que je viens de dire va répandre beaucoup
de lumière fur le jugement qu’il convient de porter des
autres machines qu’il me refte à décrire, fans qu’il loit nécef-
faire de m’étendre autant que je l’ai fait fur la précédente ; mais
avant que d’en venir là , voici quelques détails fur la maniéré
d’eftim.er le tems & la dépenfe que pourra caüfer l’enfoncement
d’un certain nombre de pilots, félon la qualité du terrein où il
faudra les planter.
aoi. On fuppofe qu’après avoir fondé le fond où l’on veut
travailler, on a trouvé qu’il changeoit de nature par4 bancs dif-
férens, mais parallèles, fur la profondeur de 16 pieds de fiche:
que le premier banc a 3 pieds de hauteur réduite, où la fonde
s’eft enfoncée de 15 pouces par volée de 30 perculfions chacune,
d’un mouton pefant 800 livres : que le fécond banc s’eft trouvé
de 6 pieds d’épaiffeur, où la fonde s’eft enfoncée de 6 à 9 pouces;
& de 2 à î feulement, lorfque la même fonde a rencontré des
croûtes : qu’au troifieme banc , d’environ 4 pieds 6 pouces
d’épaiffeur, la fonde ne s’eft enfoncée que de 4pouces par volée :
enfin que le quatrième banc , où l’on fe propofe de faire entrer
le pilot de 3 pieds, la fonde n’y a pu pénétrer que d’un pouce 8c
demi par volée.
Il faut une minute vingt fécondés pour chaque volée de trente
perculfions, autant pour reprendre haleine ; à quoi ajoutant vingt
fécondés pour le tems que l’on perd, font enfemble trois minutes
pour chaque volée.
Pour déplacer la fonnette & mettre un pilot en
fituation d’être enfoncé, il faut . . . . . . . 18™ o c
Pour le dreffer lorfqu’il eft déverfé, Sc y mettre
des toifes , . . , . ................................................ g 0
Pour le premier hanc il faut deux volées & douze
perculfions : comme chaque volée produit un enfoncement
de 15 pouces , il faudra donc pour traverfer
ce premier banc, . ......................................................6 3 1
Pour le fécond banc il faut 14 volées & 1 2 pereuf-
fions ; reduifant chaque volée à j pouces d’enfoncement,
il faudra pour cetté fécondé opération, . . . 42 32
Détail pour
ejlimer le tems
& la dépenfe
que pourra
eau fer l'enfoncement
des
pilots.