
Plan. II.
Excellente
pofition du.
Risban , & du
fort de revers,
pour défendre
Vaccès de la
citadelle,
Projet que
,’ on avoit
formé en 1 7 1 1
de fortifier encore
le front
de la place
répondant à
la citadelle.
40 Architecture Hydraulique, Livre I,
ces raifons, pour ne confidérer que les défavantages que l’ell-
nemi auroic rencontrés de la part des fortifications, en attaquant
par l’efplanade de la citadelle.
86. Si l’on y prend bien garde, l’on conviendra que jamais
il ne fe fût trouvé de tranchée plus difficile à diriger que celle
qui aurait eu pour objet le baftion 1 3 , vers lequel il n’étoit pas
poffible d’avancer fans être continuellement entre deux feux ;
car la droite de la tranchée eût été battue en flanc, 8c même
de revers par un front de plus de quatre cens toifes ; & fi pour
s’en garantir, l’affiégeant eût voulu s’échapper du côté de la mer,
il tomboit fous le feu du canon du gros Risban & de la batterie
de revers, fans compter celui de la moufqueteriequiferoit parti
de la jettée d’oueft.
I l faut avouer que ces deux forts étoient fitués le plus hcurem
fement du monde, 8c que leur figure leur donnoit toutes les
propriétés qu’on pouvoit defirer; mais on ne pouvoit en apperce-
voir les avantages qu’en faifant l’analyfe des attaques dont Dunkerque
pouvoit être fufceptible ; auffi je me flatte que la defcrip-
tion que je donne de cette place, ne fera point indifférente à
ceux pour qui j’écris, puifqu’elle pourra leur fournir des idées
générales pour la défenfe des places maritimes.
87. Il fernble que l’ennemin’auroit guere pu fe difpenfer d’attaquer
auffi le front 1 7 , 15 , de la v ille, en même tems que la
citadelle, pour en impofer à fa droite. Comme cette réflexion
n’avoit point échappé aux Ingénieurs de la place, c’étoit dans la
vue de rendre ce côté-là encore plus refpeftable, qu’en 171.1 ils
propoferent à la Cour de faire conftruire une piece détachée
entre le baftion 1 3 , & la demi-lune 16 , pour couvrir ce que l’cn
appelloit la communication ; cette piece dont la gorge, devoit
répondre au bord du foffé, auroit rétréci plus que jamais l’attaque
de la citadelle, 8c auroit mis l’affiégeant dans la néceffité
de la prendre avant que d’aller plus loin; mais comme peu apres
les choies ont changé de fa ce , il n’a plus été queftion de ce projet.
Au relie il faute aux yeux que l’attaque de la ville, du côté
que nous venons de dire, devenoit moralement impraticable,
puifquec’eltalorsque la tranchée eût été en pleine vue du Risban,
•a moins d’avoir multiplié fans nombre les épaulemens, 8c cheminé
à double fappe, ce qui fût devenu un travail bien pénible
8c de longue durée, dans un terrein fablonneux, fans confif-
tance, 8c privé de toute efpeçe de fafcinage, n’y ayant point de
bois dans ce pays là.
i Chap. IL Description de Dunkerque. 41
- 88. Ün.d'éfavantage encore pour l’ennemi, eût été de ne
favoireû placer fes. batteries pour éteindre le feu de l’affiégé,
faute de terrein à pouvoir enfiler les branches qui lui étoient contraires
; parce que les criques inondés par lés marées ne permet-
toierit pas de cheminer de ce côté là , 8c qu’il n’auroit pu fe jet-
tér fur fa droite vers le chemin dé Gravelines , fans rencontrer
l ’inondation 8c fe mettre‘ en bute à toute la partie du camp
retranché.qui regardoit l’occident, bien garnie.de gros canons,
que la marine aurait fourni en quantité.
Si l’on ajoute à toutes ces difficultés, l’impétuofité des forties
que la garnifon pouvoit faire, en débouchant de deux ou trois
endroits à la fois fans craindre d’être coupée, comment avancer
furun terrein auffi meurtrier ? d’autant plus qu’après être parvenu
à la contrefcarpe,. l'es palïages des foffés devenoient des plus difficiles
par la manoeuvre des éclufes : d’où l’on peut conclure que
ce n’cft pas toujours le grand nombre des ouvrages de fortifica-,
tion entaffés les uns fur les autres, qui font les plus propres à
produire une longue défenfe, 8c que les avantages les plus foli-
des d’une place font ceux qu’elle tire de fa fituation, fécondée
dé ce que l’art peut y ajouter.
89. Lorfqu’après un travail immenfe, l’ennemi fe feroit rendu
maître du front 13 ,4 ,qui eftune efpece d’ouvrage à cornes, féparé
du corps de la citadelle, fa condition fût devenue plus cruelle que
jamais, par les mines dont le terre-plein de cet ouvrage étoit
fufceptible, 8c par tout ce qu’il eût effuyé delà part de la fécondé
enceinte, à'laquelle il étoit bien difficile de faire brèche. Et fup-
pofant qu’il y fût parvenu, on pouvoit la défendre julqu’au bout,
parce qu’elle eût été protégée d’un bon retranchement, qui donnoit
à la garnifon l’avantage de fe retirer tranquillement à Ber-
gues, pendant la nuit, après avoir évacué la place de fes meilleurs
effets; ne laiffant dans la citadelle, qu’un détachement pour
amufer l’ennemi, fi tant eft qu’il lui eut été poffible d’arriver
jufqu’à ce terme.
Voilà une idée générale de Dunkerque dans la fituation glo-
rieufe où étoit cette place en 1 7 1 1 ; Comme je crois en avoir
allez dit pour donner'une judeidée de ce qui n’y exifte plus ,
je paffe fous filence tour ce qui regarde les ayantages qui lui
font reliés, 8c continue lé récit de ce qui lui ell arrivé jufqu’en
I7.3°- ; . .
90. La Reine d’Angleterre, réfolue, à quelque prix que ce
fû t, d’amener fes alliés:au point où elle les vouloir,'8c de les
Tom e I . F
Obfiacles'
caufés par les
criques pour
placer l'artillerie
de l 'affilé-_
géant.
Examen
de la défenfe
dont la citadelle
pouvoit
être Juficepti-
ble. Conclu-
fion des avantages
de Dunkerque,
Pa ix conclue
entre