
•j 6 A r c h i t e c t u r e H y d r a u l iq u e , L i v r e I ,
l ’on avancera dans la leélure de cet ouvrage, qui en eft rempli,
n’ayant négligé aucun cas de tous ceux qui peuvent avoir lieu.
11 ne faut pas préfentement fe mettre,en peine des fcpt autres
figures qui fui vent la précédente fur la même planche ; elles appartiennent
à la conftruétion des bajoyers de maçonnerie, en-
feignée dans le onzième chapitre : on y aura recours quand il
fera queftion de cette partie des éclufts.
C H A P I T R E V,
Comprenant des recherches fu r la perfection des éclufes.
S E C T I O N P R E M I E R E .
D e la réfifiance des bajoyers contre la poujfée de l'eau qu’ils ont
à foutenir.
POur répandre fur le chapitre précédent un certain jour qui lui
manque, & pour faire fentir toute l’évidence des réglés que
nous y avons établies, 8c de combien elles approchent ou s’écartent
de ce que la théorie peut fournir de plus exa£t, je vais donner
dans celui-ci plufieurs principes qui feront, à ce que j’efpere, bien
reçus de ceux qui aiment à raifonner fur ce qu’ils font, & qui répugnent
à fuivre fervilement des méthodes dont rien ne prouve
la bonté. Il eft vrai que la fubftance de la première fection fe
trouve dans la première partie de cet ouvrage , où j’auroispu me
contenter de renvoyer ; mais outre qu’elle y eft femée dans un
grand nombre d’objets d’un genre différent de celui c i , il m’a
paru qu’une application immédiate feroit plus lumineufe.‘„a
VaSton^ic 1 4 1. Pour peu que l’on foit inft-ruit de l’Hydraulique, on fera
Usbajoym prévenu qu’une propriété annexée aux liqueurs en général, eft
d ’une iclufe, de pouffer en tous lens les parois verticaux ou inclinés qui les
t a r d e i t t e r °ut'enncnt ; 8c que cette pouffée à chaque point de fes parois»
pend unique- pris pour un plan infiniment petit, peut toujours être exprimée
memdeUlon- par fa perpendiculaire, qui marque de combien ce point eft au-
fu rfa ce& de deflous du niveau de la furface de la liqueur, fans fe mettre en
la hauteur de peine de l’étendue de fa bafe , parce que dans ce fens les liqueurs
t e %. , “ n’agiffènt pas félon la quantité de leur volume, mais uniquement
pas de la lar- iclon leur hauteur.
C h a p . V. S u r l a P e r f e c t io n d e s E c l u s e s . 7 7
Voulant rapporter à notre objet cette loi de la nature, peu im- genr de U f y f i
porte qu’un vaiiïèau qui auroit 10 pieds de profondeur d’eau, ait | |
une bafe de 10 pieds en tous fens, qui donnent 100 pieds quarrés
de fuperficie, ou que cette bafe ait 10 pieds de longueur fur un
de largeur, pour être réduite à 10 pieds quarrés de fuperficie
feulement ; les deux grandes furfaces oppofees, qui feront reftees
les mêmes, n’en foutiendront pas moins une pouffée égale à celle
du premier cas, fi la profondeur de l’eau n’a pas changé. Ceci Voyedeprc-
arrivera encore, quand ces furfaces feraient rapprochées jufqu a h ?
n’avoir plus qu’un pouce, ni meme qu une ligne d intervalle ÿ la partie, arc.
diminution de l’eau ne fe fera fentir que fur les deux autres fur- >(1
faces qui ont été rétrécies avec la baie. Delà il fuit que fi celles
qui font reliées confiantes , appartenoient à deux murs dont
l ’épailfeur eût été dans le premier cas réglée à la force de la
pouffée de l’eau, dans les autres fuivans, ces murs devraient
avoir la même épaiffeur que dans le premier cas, quoiqu’alors
l ’eau que contiendra le rélervoir, ne foit plus que la quatorze
cent quarantième partie de la quantité qu 011. y a fuppofee d a-
bord. C’eft ce qu’ont bien de la peine a croire ceux qui font travailler
aux ouvrages qui ont rapport aux Hydrauliques , quoique
cette propriété de l’eau foit caufe de plufieurs effets extraordinaires
qui arrivent à leurs ouvrages ; c’eft pourquoi cette obfer-
vation trouvera fa place, ne l’ayant pas faite fans deffein.
142. Puifque l’ëau n’agit que félon fa profondeur & 1 etendue Maniéré de
des furfaces quelle pouffe, on peut donc faire abftraction de la “f f rj ref u
c pac té des badins', réfervoirs 8c fis des éclufes , & même de contre les b a-
la longueur de leurs revêtemens, pour n’en confîdérer que le m ers d’une
profil B E G H , qui eft ordinairement reftangulaire, ces murs “
n’ayant point de talud. Alors, en fuppofant à ce profil une épaif- ner leur réjlf-
feur infiniment petite, de même qu’à la lame d’eau qui lui répond tance-
verticalement, ce qui arrivera en cet endroit-la, fe rencontrera P l . VU ?
de même pour tous les autres, pris immédiatement de fuite dans pig. 2,
la longueur, lorfque le fond fera de niveau, & que la maçonnerie
fera par-tout d’une épaifleur d’une qualité uniforme. Cette
uniformité eft eftentielle dans les ouvrages exécutés avec foin, ou
la maçonnerie peut être regardée comme une feule pierre formant
un long parallépipede, pouffé fur l’étendue d’une de fes faces
par une infinité de puifîances qui agifïent toutes félon une direction
ho ri font ale, & avec une force abfolue plus ou moins grande,
félon qu’elles répondent à des points plus ou moins éloignés de
la fuperficie de l’eau. Alors fi on les prend fuccefiivement de haut