
I l faut que
les extrémités
des bâtarde
au x f oient
bien enracinées,
& prendre
de j ujles
précautions
pour la fo li-
dité de ceux
qui font-expo-
fès a être battus
par la mer.
1 14 A r c h it e c t u r e H y d r a u l iq u e , L ivre I ,
peut devenir H rapide, qu en très peu de tems il fe forme utîff
breche qui met dans la fâcheufe nécelïité de recommencer un-
autre batardeau. Pour la même raifon les terres fablonneufes oit
graveleufcs n’y font point du tout propres ; cependant quand on
ne peut en avoir d’autres, il faut que les taluds foient doubles' de
la hauteur, fit de riéceflité faire regner dans le milieu du batardeau,
I l y a des cas
oit Ven peut fe
ménager des
bat a. de aux de
Verre vierge.
fur toure fa longueur, un conroy de glaife d’une épaifleur
proportionnée à la hauteur de l’eau , en le faifant environ du
tiers de la même hauteur ; c’eft-à-dire que fi l’eau avoir 6 pieds
de profondeur, on ne pourrait donner au conroy moins de deux
pieds d’épaiffeur, obfervant que ta baie doit etre établie dans-
une tranchée creufée d’environ un pied fiC demi au-deffous du
fond que l’on veut mettre à fec ; autrement il ferait à craindre
que l’eau ne pafsât deffous le conroy, quelle pourroit fapper à
la longue. Nous dirons pat la fuite avec quelle attention ce conroy
doit être travaillé.
1 1 6. Une précaution des plus effentielles, eft de bien lier les-
batardeaux, c’eft-à-dire d’appuyer leurs extrémités à un terreirl
ferme dans lequel elle?doivent être enracinées; évitant, autant
qu’on le pourra, de les appuyer contre de la maçonnerie, parce
que la terre ne pouvant s’unir avec elle, l’eau ne'manquerait pas
de filtrer entre deux : cependant fi l’on ne pouvoit faire autrement
, il faudroit en cet endroit fe fervir de terre glaife. J ajouterai
que quand ils ont à foutenir les houles de la mer, il faut de
ee côté-là leur donner beaucoup de ralud , fit les rèvetir d un.
furtout de terre glaife bien battue, de deux pieds d epaifïcury
pour que l’agitation des flots ne puifte point deîaver le corps dit
batardeau. Pour le mieux garantir, l’on y ajoute encore des faf-
cinages armés de tunes fit garnis de pierres-.
1 17. Lorfqu’on veut fonder une éclufc dans un endroit ou le'
canal qui doit y conduire l’eau n’cft point encore creulé, on peut
ménager au-deflùs fie an-deffous, des digues qui formeront naturellement
les deux batardeaux, qu’on fera libre de faire auffi
épais qu’on voudra, félon la nature du terrein. Ils feront toujours
plus étanches étant de terre vierge, que s’il avoit fallu les
faire exprès; c’eft pourquoi il ne faut pas négliger un avantage
d’une auffi grande économie: C ’eft ainfi qu’on en a uf'é a,l’ éclufe
de Mardick , qui a été conftruite en même tems que Je canal.
Que fi, malgré Pépaiffèur qu’on aura cru fuffifante, il fe fai foit
des filtrations, on pourra y remédier par un contre-batardeai*
de vanage fie de terre glaife-
C hap.V I. D e la construction des b a t a rd ea u x . 125
218. Pour fonder dans une riviere, on choifit la faifon- où les Précautions'
èauxfont les plus baffes. Avant que d’y établir les batardeaux, on à Pr‘ " drc,
en parcourt le bord aU-deüous de 1 ouvrage , pour voir s il n y a blit des batar*
point d’éclufe, reffauts, fie c. qui en foutiennent les eaux, afin de J U Ê Jans
prendre les précautions néceflaires pour leur donner de l’écoule- une nm,c'
ment, SC les rendre auffi baffes qu’il eft poffible. Quelquefois
même on détourne de l’attelier le courant d’une petite riviere,
en lui creufant un nouveau lit tracé-en anfe de pannier ; ou bien,
quand elle eft fort large, on fe contente d’en barrer une partie,
& l’eau s’écoule par l’autre. Mais , dans quelque cas que ee foit,
il importe extrêmement de prévenir tous les accidens qui peuvent
naître de la part des crues fubites, afin de ménager affez de
paffage à l’eau, pour qu’en gonflant elle ne furmonte point les
batardeaux, de crainte d’inonder le pays dans-une faifon où les
biens de la terre feroient en danger d’être perdus.
2 1 9. Quand on ne peut mettre à fec Pendrait où l’on veut éta- Maniéré d’é.
blir un batardeau, comme cela arrive dans les greffes rivières fie t^ u ‘rlesba~
aux ports de la mer Méditerranée, où il n’y a pas de flux fie reflux,
il fe fait alors par encaiffement. On plante deux files de p L }Q jf
pilots, l’une parallèle à l’autre, placés à une diftance proportion^ p- t gj.J
née à la hauteur de Peau, entretenus avec des liérnes Se entre- °
toifes ; enfuite on enfonce dans l’intérieur du batardeau, le long
de ces pilots, des files de palplanches formant un coffre que l’on
remplit de glaife ou d’autre terre liante , ou même de crayon ,
qui devient auffi folide que de la glaife quand il eft bien corroyé.
Mais auparavant l’on enleve avec des dragues la. vafe qui eft dans
le fond, pour y afTeoir le maffif du batardeau à une profondeur
plus baffe que celle du lit de la mer ou de la riviere, afin d’empêcher
que Peau ne filtre par le fond, comme cela arriverait immanquablement,
parce que répondant aux plus grandes colonnes
d’eau, elles y agiffent plus puiffamment que fur le refte de la,
hauteur. La fiche que l’on donne aux pilots doit dépendre de la,
qualité du terrein, c’eft pourquoi il faut d’abord s’en affurer par
des fondes faites avec foin'.
2to. Pour bien employer la glaife, on la réduit d’abord en Manière fo
morceaux gros comme un oeuf, afin de l’éplucher, 8c voir fi elle
ne comprend point de fable ou petit gravier. Enfuite on l’arrofe, l’employer
pour la battre 6c corroyer avec les pieds fur un plancher, ce qui
ne fe fait qtre le lendemain qu’elle a été humeftée, prenant garde
qu’elle ne le foit ni trop ni trop peu. L ’on en fait des pains que
l’on jette au fond du batardeau, d’où Peau fort à mefure qu’ont