
Compofition
du mortier de
ciment, pour
les cclufis &
autres ouvrages
faits dans
L’eau.
Pratique pré•
liminaire par
rapport aux
palplanches,
pour ajjeuir. le
194 A rchitecture Hydraulique, L ivre I ,
308. On prend pour la compofition du ciment ordinaire, trois
parties égales de tuileau le plus dur, des éclats de la pierre de
taille, & du mâche-fer ou pecadin provenant des forges où l’on
coule le fer, qu’on pulvérife féparément : on les paffe enfuite au
tamis, ayant loin de laver cette poudre dans des cuves, afin d’en
ôter le charbon qui peut s’y rencontrer. Après qu’elle eft bien
nettoyée & féchée, l’on forme de ces trois matières mêlées, les-
bords d’une efpece de baffin, dans lequel on éteint environ la
moitié de l’équivalent de chaux vive , qu’on laifïb repofer pen-
dans quelques heures ; après quoi on broie le tout enfemble
que l’on pofe fur des plates-formes de pierre ou de madriers
affifes folidement, pour Le battre une fois par jour avec des battes,
ferrées, pendant fept à huit jours de fuite, jufqu a ce que le ciment
Faite une pâte douce à la main.
Lorfqu’il n’eft: pas employé fur le champ, il faut le remanier
de tems à autre,, pour l’empêcher de durcir, obfervant de n y
point jetter d’eau lorfqu’ii s’agît de le rebattre 3 mais dans les cas
de néceflîté l’on peut y employer un peu de lait de chaux vive,,
qu’on éteindra à mefure qu’il en fera befoin.
Dans le pays où l’on eft à portée d’avoir de La pozzolâne, delà
terraflè de Hollande, ou de la cendrée deTournay, on peut
aulïï en faire un trés-bon ufage pour la conftruétion des ouvrages
affis dans l’eau; c’eft pourquoi l’on fera biemde lire ce que j’en
ai rapporté dans le troifieme livre de la fc ie n c e des In g é n ie u r s ,
dont l’application fera aifée à faire au fujet que je traite préfern-
tement.
Pour remplir les joints des paremens de pierre de taille des;
éclufes, on fe fert d’un maftic compofé de trois parties égales de
poudre de têts ou morceaux de pots recuits au four, de pécadin:
ou crafïè provenant des verreries , 6c de limaille de fer fortant
de l’enclume des maréchaux : le tout réduit en poufliere. A ces;
matières on ajoute environ la moitié de chaux éteinte , faîfant
alors le tiers du tout. On mêle enfuite cette compofition avec
les mêmes précautions que la précédente ; 6c iorfqu’on ne fendra
plus de parties grumeleufes, on prendra de gros limaçons rouges,,
fans coquille, dont on retirera la peau, pour les bien broyer
avec ce maftic.
309. Quand on eftaflèz heureux pour rencontrer un bon fond
qui n’eft pas fufceptible d*affaiflèment, 6c fur lequel on peut en
toute fureté afïeoir immédiatement la maçonnerie, comme eft:
celui que nous avons compris fous la fécondé efpece , c eft. un.
C h a p . IX . D e s R a d i e r s d e p i e r r e d e t a i l l e . 1 9 5
grand avantagé, 6c qui difpenfe de beaucoup de fujétions inquié- maffif d’un,
tantes ; mais il ne faut pas trop s’en prévaloir, ni être moins at- | | g | | “ ™
tencif à garantir le radier des eaux defources & de celles de la
retenue, en prenant toujours la précaution d enfoncer des files
de palplanches à fes extrémités ôc fous les heurtoirs, qui font les
endroits les plus critiques. On ne doit pas négliger non plus d en
pofer à la naiflance des branches, pour peu quelles foient jugées
nécefTaires, quoiqu’au fond elles ne foient pas a beaucoup près
aufli indifpenfables que les precedentes , par lefquelles il faut
commencer la fondation, de quelque nature que foit le terrein. J
310. Lorfque le fond fe trouve d’une qualité à ne pouvoir etre Obfervation.
pénétré par les palplanches, il faut à l’endroit de leur pofition
çreufer une tranchée de cinq ou fix pieds de profondeur, la plus paipianchest
étroite que l’on poutra, afin d’y loger les palplanches, qu’on lorfq^Uur-
attachera à leur ventriere, que je fuppofe foutenue a la hauteur iur four f ou_
convenable pat des dez de maçonnerie, auxquels il faut laitier voir y être en-
des harpes pour les lier enfuite avec le maffif de la fondation. ^ ^oups’dcmou--
Pour faire un ouvrage excellent, il faut, apres avoir enfonce lont
les palplanches des deux files extrêmes, leur adofler une maçonnerie
de brique de fix pieds d epaiftèur, faite en mortier de ciment
, établie a trois pieds plus bas que le refte de la fondation,
afin de l’enraciner, pour ainfi dire, dans le fond du terrein , en-
fuite l’élever jufqu’au radier, en la liant avec le refte du maffif
dont nous allons parler. Bien entendu que ce mut doit répondre
à la face intérieure des palplanches, ayant dit qu on devoir appliquer
un conroy de terre glaife contre 1 extérieure , qui étant
fondé aufli bas que le mur précédent, les palplanches fe trouveront
fi bien enclavées , qu’il ne fera pas poffible que 1 eau, de
quelque part qu’elle vienne , puifle jamais fe frayer un paflage
fous la fondation. Il faut de même adofler un pareil mur contre
chaque file de palplanches, qui réponde aux feuils, de maniéré
qu’ils fe tr'buvent fous les bufes , afin de les aflèoir plus folide-
menc. Au refte fi ces murs étoient conditionnés comme je 1 entends
, on pourroit fe paflèr de palplanches, puifqu ils en rem-
pliroient feuls l’objet. _
Un avantage des mêmes murs enracinés de la forte, c’en: de
maintenir inébranlable tout le maffif contre la pouftee horifontale
de l’eau, quelque forte qu’on la fuppofe ; car il eft bon de
prendre garde qu’une fondation aflife fur un banc de marne,
excellent pour réfifter à la force agiflante de haut en bas, pour-
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