
P t . III.
De quelle maniéré
le travail
fu t difiribuè
aux troupes
campées le
long des bords
du canal.
Î 5 <> A r c h i t e c t u r e H y d r a u l i q u e , L i v r e I I ,
hauteur, c’eft-à-dire de 9 pieds. Toutes ces mefures pour le remblai
des terres ont été déterminées d’avance fur le produit de la
fouille du canal, félon les dimenfions qu’on s’étoit propofé de
lui donner.
Quant à l’autre partie du canal, entre l’éclufé & le rivage, la
longueur s’eft trouvée de 174 toifes depuis les palplanches du
faux radier jufqu’au bord de l’eftran ou laiflè de haute mer ; Sc
lorfque l’ouvrage fut entièrement achevé, la profondeur de cette
même partie étoic de 15 pieds S pouces, niveau des baffes ma-
réçs, l’eftran ayant à peu près 16 pieds de pente depuis la laifle
de haute mer jufqu’à celle de la baffe.
496 Pour faire mention de ce qui a été fuivi dans le cours de
la conftruétion de ce canal on faura qu’après l’avoir tracé, on
en a partagé la largeur en deux également, par une ligne qui
regnoit fur toute (a longueur, afin de marquer la limite des atte-
liers qui dévoient être diftribués aux troupes. Cette ligne fervit
en même tems à diriger la rigole pour recevoir les eaux qu’on
épuifa par des moulins a chapelet.
Les troupes furent campées le long des bords du canal. D ’un
côté étoit placé de fuite un bataillon par rang de compagnie ; Sc
quand il y en avoit deux du même régiment, le fécond étoit
vis-à vis du premier ; s’il n’y en avoit qu’un, Ion oppofé étoit
d’un autre régiment avec lequel on favoit qu’il y avoit de la
concorde.
Les atteliers ont été diftribués de trois en trois toifes fur la
moitié de la largeur du canal, chacun compofé de 6 hommes ,
deux chargeurs & quatre rouleurs ou relais. Pour ménager le
talud du canal, on traça à trois toifes de fon bord fupérieur une
ligne le long de laquelle le travail fut commencé en s’enfonçant
par banquettes, fans qu’il fût permis aux travailleurs d’anticiper
dans l’intervalle de ces parallèles , excepté pour y former
des rampes qu’on adouciffoit en faifànt des retours , lorfqu’on
étoit parvenu à une certaine profondeur. En luivant cette méthode
on s’eft paffé de ponts, dont ladépenfe eût été fort à charge
à l’entrepreneur. Apres que le déblai du milieu du canal a été
achevé, on a enlevé toutes les terres précédentes pour former le
talud, qui s’eft trouvé par-là régulièrement obfervé.
Chaque bataillon fourniffbit trois cens hommes pour le travail,
commandés par un Capitaine, fon Lieutenant St deuxSer-
gens, indépendamment d’un troifieme payé aux frais de l’entrepreneur,
pour veiller à la confier va tion des outils^
C h a î . III- D e s c r i p t io n d u c a n a l d e M a r d i c k . 357
497. A cinq heures du matin on droit un coup de canon pour
avertir le foldat, qui commençoit le travail a^cinq ôc demie ; a
huit heures on en droit un fécond pour déjeuner, ôt a huit Sc
demie l’on reprenoit l’ouvrage jufqu’à onze heures, ou un troifieme
coup de canon annonçoit le dîner. A une heure apres midi
un quatrième coup avertiffoit pour reprendre le travail |ulqua
quatre heures, qui étoit fuivi d’une demi-heure de repos, annoncée
Partage de la
tournée pour
le tems du
travail & celui
du repos.
par un cinquième coup de canon ; après quoi le travail etoit
continué jufqu’à fept heures, oh on le quittoit au lignai du fi-
■ Comme on trouvera dans le fécond volume des diflertations
fort détaillées fur la plus grande économie de la fouille St du
tranfport des terres, je ne m’arrête point à ce qui a ete bien ou
malentendu pour la conftru£tion du canal de M a id ick , &. je
paffè à la defeription de fon éclufe ; c’eft pourquoi je ne dirai rien
non plus du déblai qui fut fait pour en établir letadier au niveau
de la laiffe des plus baffes marées, ni des maffes de terre <}u’on
laiffa au-deffous St au-deffus fervant de batardeau, placées a dix
toifes du bord des f a â radiers, afin de ménager de l’efpace pour
affeoir les machines à épuifer les eaux : ainfi, toutes ces choies
fuppofées , je vais d’abord donner une idée générale de cette
éclufe, afin qu’on foit plus en état de juger de ce qui a ete luivi
dans fa conftrudtion. ,
49S. Si l’on confidere la Planche X L , on verra qü elle en
comprend le plan repréfenté à vue d’oifeaü, telle qu’on l’apper-
cevroit fi elle étoit ifolée, c’eft-à-dire dégarnie des terres de remblai
P l . X L ,
Propriété de
Véclufe de
Mardick 3 re-
ylativement à
fon objet.
que foutiennent fes bajoyers ; d’où il réfulte que les deux,
teintes différentes qui régnent derrière l’épaiffeur de leur couronnement,
marquent les retraites de la maçonnerie depuis la fondation.
A l’égard du radier, il fut établi affez bas pour que dans
le tems des fortes marées , il fe trouvât au-deflùs environ 13
pieds d’eau. , , . . T •
On voit, comme je l’ai dit plufieurs fois dans le premier Livre,
que cette éclufe étoit divifée en deux paffages, 1 un de 44 pieds
de largeur, pour les gros vaiffeaux que la tempete ou 1 ennemi
auroient mis dans le cas de relâcher dans le canal; & 1 autre de
26 à l’ufage des bâtimens ordinaires, afin que Ce dernier fervit
à foulagerdes portes du grand. Ces paffages furent féparés par
une pile de 30 pieds d’épaiffeur, pour ménager un encadrement
FGH , qui facilitât le mouvement de la moitié BC du pont tournant
AC du grand paffàge, &C qui reçût la volée de l’autre D E ,